Le cyclisme pro inquiet du possible arrêt de sponsors

La crainte de voir les contrats de partenaires ne pas poursuivre en 20210, comme c’est le cas ailleurs, ronge l’esprit des dirigeants d’équipes cyclistes professionnelles. D’après Fuoriclasse, société spécialisée dans l’étude des données du cyclisme professionnel, 38% des principaux contrats de sponsoring des structures masculines World Tour, l’élite mondiale, arrivent à échéance d’ici fin 2021. Quatre structures ont même un sponsor majeur ou un co-sponsor dont l’accord se termine à la fin de cette année : NTT, Astana, Scott (équipe Mitchelton-Scott) et Segafredo (équipe Trek-Segafredo). Une inquiétude dans un contexte économique très difficile lié à la crise sanitaire du coronavirus qui a stoppé le sport mondial, et le cyclisme, depuis fin mars.

Pour préparer des lendemains qui pourraient déchanter, les équipes cyclistes professionnelles, comme les autres structures sportives, sont au régime sec depuis près de deux mois. Fuoriclasse a noté qu’une majorité (58%) des structures World Tour a mis en place des mesures de chômage partiel ou des baisses de salaires. Voire les deux. Dans le détail, le cabinet relève dans une étude que cinq structures de l’élite, dont les trois françaises Groupama-FDJ, AG2R La mondiale, et Cofidis, ont eu recours à des mesures de chômage partiel.

Jusqu’à 80% de baisse des salaires

Sept équipes ont procédé à des baisses de salaire pour leurs coureurs allant jusqu’à 70% de moins, notamment pour les cyclistes de Bahrain-McLaren et 80% pour ceux de CCC. L’équipe polonaise est allée plus loin en suspendant des contrats du personnel technique. Fuoriclasse précise que le sponsor, une enseigne de magasins de chaussures, a été durement touché par la crise économique liée à la crise sanitaire. Le contrat court jusqu’à fin 2021, mais il pourrait être remis en cause, avance Fuoriclasse.

Quelques équipes, en revanche, n’ont mis en place aucune mesures spécifiques. «On observe quatre situations différentes liées aux sponsors de ces équipes, explique Olivier Poignard, fondateur de Fuoriclasse, dans un communiqué. Les équipes qui n’ont pas opté pour le chômage partiel ou la baisse de salaires sont soit la propriété d’un homme d’affaire philanthrope (Israël Start-Up Nation), soit détenues par un sponsor lié à un Etat (UAE Team Emirates), soit détenues par leur sponsor principal (Team Ineos, Trek-Segafredo) ou ont une vision de long terme concernant leur présence dans le cyclisme (Bora hansgrohe, Jumbo et Movistar).»

© SportBusiness.Club Mai 2020


Une année de course en quatre mois !

L’Union cycliste internationale (UCI) a publié mardi 5 mai 2020 un nouveau calendrier de courses pour 2020 où, jusqu’à présent, toutes les compétitions sont suspendues jusqu’à fin juillet. C’est justement le 1er août que reprendrait la saison, en Italie, avec la Stade Bianche suivie samedi 8 août par Milan San-Remo. En France, un Critérium du Dauphiné raccourci (12 au 16 août) précéderait le Tour de France (29 août au 20 septembre). Les “monuments”, les plus grandes classiques, dont Paris-Roubaix, se succéderaient de fin septembre à fin octobre, en parallèle du Giro d’Italia (3 au 25 octobre) et de la Vuelta d’Espagne dont la dernière étape, le 8 novembre, ponctuerait ce marathon. Le calendrier féminin verrait une Course by le Tour à Nice le 29 août pour ouvrir le Tour de France masculin, et un Paris-Roubaix le 25 octobre.