Le sport féminin toujours en mode séduction

Moins d’une heure sur cinq pour l’ensemble des retransmissions sportives à la télévision en France (chaînes nationales de la TNT) est consacrée aux compétitions féminines : 18% exactement selon les comptes du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). C’est bien, mieux qu’il y a quelques années, où ce taux n’était qu’à 7%. Toutefois, pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel, ce n’est pas suffisant. « Nous n’avons pas gagné la guerre : nous n’avons pas dépassé le plafond de verre de 20% », regrette Nathalie Sonnac, membre du CSA en charge de la télévision.

Le chemin à parcourir pour arriver à la parité entre les sexes dans le sport à la télé parait donc encore long. « Seules 24% de femmes prennent la parole dans les programmes de sport et 15% sont présentatrice d’émissions sportives, » poursuit la Conseillère. Lancée par le CSA, l’initiative Sport féminin, qui se déroule jusqu’à dimanche 24 janvier, est sensée mettre en avant le sport féminin sur les médias audiovisuels. Une trentaine de chaînes et radios a rallié ce mouvement.

Pour le CSA, l’enjeu d’exposition du sport féminin dépasse les considérations de programmation des télés. « Ce qui ne se voit pas, n’existe pas, insiste Nathalie Sonnac. Il existe bien une corrélation positive entre l’exposition médiatique et la pratique sportive ». Cela fut le cas en 2019 après la Coupe du monde féminine de football en France dont les matchs des Bleues ont rassemblés plusieurs millions de téléspectateurs. Quelques mois plus tard, les clubs enregistraient un afflux de jeunes filles.

Donner envie aux diffuseurs

Comment, donc, procéder pour continuer à faire progresser la présence du sport féminin sur les chaînes françaises ? Le coût d’accès n’est pas la raison. En dehors des grandes compétitions internationales, les droits TV pour les compétitions féminines sont quasi-inexistants. « Aujourd’hui, on est plutôt à assurer, au ministère, les couts de production des matches féminins et à négocier avec les diffuseurs afin qu’ils prennent aussi les événements féminins quand ils achètent des droits de compétitions masculines, » explique Roxana Maracineanu, Ministre déléguée aux Sports.

Pour Nathalie Sonnac, les chaînes devraient prendre aussi quelques risques de programmation. « Cette opération, “Sport féminin toujours” est là aussi pour donner envie aux éditeurs de miser, insiste-t-elle. Ils ont pu constater ces dernières années que lorsqu’il y avait des retransmissions sportives féminines de haut niveau elles étaient appréciées par le grand public. Il y a une vraie appétence des téléspectateurs ». Justement, reste à convaincre le monde de l’audiovisuel. Et le Ministère des Sports se désespère un peu de ne pas recevoir plus de propositions de programmes liés au sport féminin dans le cadre de son fonds d’aide à la production audiovisuelle dont l’enveloppe a été portée à 1,5 million d’euros.

© SportBusiness.Club janvier 2021