Le sport français en grande souffrance

C’est l’ensemble du monde sportif français, celui fédéral de la pratique et celui des entreprises, qui tire le signal d’alarme. “Le mouvement sportif est à l’arrêt et il a hâte de reprendre une activité normale au service de la société française, affirme le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), dans un communiqué. Il a besoin d’être accompagné et soutenu dans cette perspective.” L’instance sportive a réalisé un sondage auprès de l’ensemble des clubs fédérés : les résultats font peur.

Sur les 44 414 clubs ayant répondu, près des trois quarts (74%) déclarent une perte “significative” de leur nombre d’adhérents depuis septembre 2020, avec une baisse moyenne de 26%. Il s’agit de la conséquence directe des mesures sanitaires mises en place par le Gouvernement afin de limiter la propagation du covid-19, notamment l’arrêt des compétitions amateurs et la fermeture des enceintes sportives.

Une perte de 376 M€ pour les clubs amateurs

Ce recul historique du nombre d’adhérents dans les clubs équivaut aussi à une baisse quasi-identique des recettes liées aux cotisations. Le CNOSF indique par ailleurs que 78% des clubs enregistrent également une diminution des autres ressources comme celles liées au partenariat, au mécénat et aux subventions des collectivités territoriales. “Sur un échantillon représentatif de 36 000 clubs, on constate déjà un déficit de recettes d’un montant de 376 millions d’euros, dont 260 millions de pertes de cotisations et 116 millions de pertes « autres » (subventions, partenariats, billetterie…),” révèle le CNOSF.

De son côté, l’Union Sport & Cycle, représentant du secteur marchand, estime qu’en “fermant [les salles de sport], c’est toute une filière économique qui est impactée, en particulier les acteurs qui fabriquent et commercialisent le matériel nécessaire à la pratique du sport en salle”. Le syndicat professionnel réclame que “les commerces d’articles de sport fassent bien partie des magasins dits non essentiels qui devraient ouvrir à compter du 1er décembre, comme annoncé par le Premier ministre.”

L’Union Sport & Cycle a chiffré à 1,3 milliard d’euros la perte de chiffre d’affaires du secteur en 2020 et assure que 61% des entreprises envisagent de licencier du personnel d’ici six mois. Comme le CNOSF, le syndicat réclame des mesures de soutien pour assurer “la survie” des entreprises du secteur. Le Comité olympique demande un “soutien supplémentaire rapide dans le cadre des conventions d’objectifs des fédérations et des Projets Sportifs Fédéraux gérés par l’Agence Nationale du Sport”, et la mise en place d’un “Pass Sport”, une aide financière pouvant inciter les familles à inscrire les enfants dans les clubs.

© SportBusiness.Club Novembre 2020