Le sport, plateforme technologique pour l’environnement

Sport et écologie peuvent faire bon ménage, n’en déplaise à certains grincheux. Les deux, même, peuvent se servir l’un l’autre comme l’ont expliqué les intervenants de la webconférence organisée dans le cadre de la Semaine du sport engagé de Stratégies, et animé par SportBusiness.Club. Les exemples sont nombreux. « La voile est un sport où l’on joue avec les éléments naturels, a indiqué François Gabart, vainqueur du Vendée Globe et de la Route du Rhum. La course au large innove et propose des matériaux alternatifs. Il faut pouvoir se servir de cela et opérer un transfert technique au transport maritime ».

Plateforme pour aider la transition écologique, le sport est un terrain d’expérience mais aussi de communication, comme l’a révélé Françoise Bresson directrice RSE et communication de Nestlé Waters France : « Il y a des choses que l’on peut faire en tant qu’entreprise, mais il nous faut aussi entrer en relation avec le consommateur car, pour certains actes, même si on est les plus vertueux, on y arrivera pas sans eux, a-t-elle déclaré. Les événements sportifs, la puissance de leur plateforme, nous permettent de faire de la pédagogie ». Perrier et Vittel, ses deux marques, devront trouver des alternatives au plastique avant 2040. En attendant le sport permet de faire passer les bons comportements.

Chez Butagaz, partenaire du hand français, qui compense les émissions de CO2 des déplacements des équipes de France, on estime que les sportifs sont aussi des acteurs importants pour cette transition écologique. « Nous avons trouvé intéressant d’intégrer à notre fondation Allison Pineau et Nicolas Karabatic ainsi que le skipper du Vendée Globe Fabrice Amédéo, a expliqué Anne-Stéphanie Peyrier, directrice de la communication du fournisseur d’énergie. Leur notoriété aide pour faire connaître nos initiatives comme permettre la rénovation énergétique de petits établissements sportifs ».

Des événements “verts” obligatoires

Côté événement, les responsabilités sont prises également. A Paris 2024, l’objectif est de réduire de réduire de moitié les émissions carbone de l’événement pour les porter à 1,5 million de tonnes. Un challenge qui passera par des choix drastiques (transports propres et en commun, biodiversité, circuits-courts…) et un travail avec les partenaires ou prestataires : « Nous voulons confronter les parties prenantes et fédérer les énergies si les solutions n’existent pas encore, a annoncé Amadea Kostrzewa, directrice des projets durabilité du COJO Paris 2024. Nous avons ainsi lancer un appel aux prestataires pour envisager la fourniture d’électricité verte hors réseau. L’idée est que cette technologie soit disponible en 2024 ».

L’engagement environnemental dans l’univers du sport ? Ce n’est plus un choix selon Françoise Bresson. « Chaque événement sportif doit désormais être “vert” et absolument aller chercher un impact neutre », a affirmé la dirigeante de Nestlé Waters France. Un travail qui devra se faire conjointement entre toutes les parties, public compris. « Le rôle du spectacle sportif est de donner l’exemple au spectateur sur site ou devant sa devant sa TV, » a confirmé Amadea Kostrzewa. D’ailleurs, c’est aussi un enjeu économique : « Un événement plus “vert” a plus d’attrait et il est plus motivant pour une marque, » résumait Anne-Stéphanie Pierry de Butagaz.

© SportBusiness.Club Décembre 2020


Le replay du débat

https://www.youtube.com/watch?v=DkZNk7qHA8M&t=182s