Le sport pro féminin va parler d’une seule voix

Toutes unies. Les ligues professionnelles féminines* viennent de créer un groupe de travail afin d’avancer groupées. Une petite révolution que leurs représentantes ont annoncé à Roxana Maracineanu ministre chargée des Sports. Le basket, le handball, le volley et le football vont tenter de définir leurs points communs avec l’objectif de trouver un modèle économique stable pour leurs clubs et peut-être même de proposer un guichet unique pour le sport féminin aux institutions ou aux partenaires potentiels. C’est ce qu’explique Nodjialem Myaro, présidente de la Ligue féminine de handball.

Les ligues professionnelles féminines ont été reçues lundi soir (23 novembre 2020) par la ministre chargée des Sports, Roxana Maracineanu. De quoi a-t-il été question ?

Nodjialem Myaro : « En fait, il s’agissait plutôt d’un temps d’échange avec la Ministre après la réunion de la semaine passée avec le Président de la République, Emmanuel Macron. Nous avons expliqué à Roxana Maracineanu que cela faisait un moment que nous avions – le basket-ball, le handball et le volley-ball féminin – la volonté de nous rassembler avec le football et de travailler ensemble. Nous rencontrons toutes les mêmes difficultés. Nous avons annoncé à la ministre la création récente d’un groupe travaillera sur le sport féminin professionnel, semi-pro et amateur. Notre volonté est de définir une feuille de route dont l’objectif sera d’aborder toutes les problématiques du sport féminin : gouvernance, médias, licenciées, modèle économique, sponsoring… »

Que vous a répondu Roxana Maracineanu ?

N.M. : « Elle nous a donné son feu vert. Elle a indiqué qu’elle était contente que l’on porte de manière mutualisée le sport féminin et toutes ses problématiques. Cette réunion a été très constructive ».

Pourquoi estimez-vous que le sport féminin professionnel féminin est plus en danger que le sport masculin ?

N.M. : « L’économie des clubs féminins professionnels est déjà, à la base, beaucoup plus fragile. Personnellement, je vois régulièrement disparaître des clubs féminins de handball, même dans des grandes villes. Le modèle économique du sport féminin est spécifique et très différent de celui du sport masculin. Nous n’avons pas de droits tv et dépendons des subventions. Nous faisons des efforts énormes pour aller chercher des partenaires privés mais cette recherche est accentuée par le manque de visibilité et d’exposition que nous avons. Par ailleurs, c’est également toujours une vraie lutte pour avoir une salle pour les entraînements ou les compétitions. Le sport féminin ce sont tous ces combats perpétuels. Du coup, la moindre petite difficulté pour un club peut conduire à sa disparition ».

La Ligue féminine de handball dépend de la fédération française (FFHB). Un nouveau président sera élu samedi 28 novembre. Attendez-vous plus d’indépendance ?

N.M. : « Nous n’attendons pas une indépendance mais plutôt une autonomie. Ce n’est pas une nuance car le jour où nous serons autonomes une convention sera alors signée entre la FFHB et la Ligue féminine de handball. Ce n’est pas le cas si nous sommes indépendantes. Aujourd’hui, nous sommes une commission de la fédération. Mais, il existe une volonté des clubs à être autonomes et nous devons les accompagner. Il faut aller vers ce statut de manière progressive car le modèle du sport professionnel féminin est trop fragile. Nous devons aller dans ce sens avec une démarche bien encadrée et en garantissant que chaque étape franchie sera une plus-value pour les clubs et la LFH ».

© SportBusiness.Club Novembre 2020

(*) Ligue féminine de basket (LFB), Ligue féminine de handball (LFH), Ligue nationale de volley-ball (LNV), football professionnel féminin.