Le Tour de France ne décoince pas ses bulles

Journée de repos ce lundi 12 juillet 2021 sur le Tour de France. Les coureurs, organisateurs et journalistes sont en Andorre, mais ils ne se croiseront pas. Chacun, comme c’est le cas depuis le debut de la Grande Boucle le 26 juin à Brest (Finistère), restera au sein de sa bulle sanitaire. Et tous les coureurs subiront un test anti-covid. Des mesures mises en place par Amaury Sport Organisation pour limiter les risques de contamination et qui ont fait leurs preuves lors de l’édition 2020. « Notre protocole avait servi d’exemple car l’an passé nous avons été le seul grand événement sportif international avec la présence du public, » rappelle Pierre-Yves Thouault, Directeur adjoint du cyclisme chez ASO.

Concrètement, trois “bulles” cohabitent au sein du Tour. La première concerne le niveau course. Elle inclut les coureurs, leur encadrement proche, les commissaires et toutes les personnes pouvant se retrouver en interaction directe avec les cyclistes, notamment quelques journalistes ou techniciens médias. Environ 750 personnes sont concernées. Ces dernières ont eu deux tests anti-covid avant le départ, à J-6 et J-3, puis au moins deux autres durant la compétition, lors des journées de repos. Tous doivent se préserver au maximum de contacts avec d’autres personnes “de l’extérieur”. Ils sont logés dans des hôtels spécifiques. D’ailleurs, depuis 2020, le Livre de route du Tour, la Bible pour les suiveurs, n’indique plus les endroits où descendent les équipes. Une décision afin d’éviter d’y voir défiler journalistes ou fans.

Les journalistes, justement, se retrouvent au sein de la “bulle numéro 2”. Celle-ci rassemble, en fait, les 4 500 autres accrédités du Tour de France, les personnes chargées de l’organisation ou les animateurs de la caravane publicitaire. Chacun a du fournir un test anti-covid négatif de moins de 72 heures pour récupérer son pass, ou la preuve d’une vaccination complète. Pour l’ensemble, obligation de porter un masque dans les zones officielles : village départ, zone arrivée, centre de presse…

Le covid laissera un “héritage”

Pour les journalistes, désormais le seul moyen d’approcher les coureurs est la zone mixte. Au départ ou à l’arrivée, ce sont des box individuels permettant les interviews avec l’échelon course, la “bulle 1”, mais avec 1 à 2 mètres de distance. Les perches sont recommandées pour enregistrer les propos. Pour cela il faut prendre un “rendez-vous” et passer par les attachés de presse des équipes. Charge à eux de gérer ce planning.

Enfin, le “bulle 3” est celle du public. Depuis l’an passé, il est tenu à l’écart des coureurs sur les zones départs et arrivée. Amaury Sport Organisation y recommande le port du masque et limite certains accès afin d’y éviter les regroupements trop importants. Du gel hydroalcoolique est distribué au public par des hôtes à pied et les règles sanitaires sont relayées via des panneaux. « Cette année nous avons un peu desserré les conditions d’accessibilité des spectateurs, reconnait Pierre-Yves Thouault d’ASO. Mais, il n’y a plus de séances de dédicaces des coureurs. C’est aussi le cas lors des cérémonies protocolaires sur les podiums. Il y a beaucoup de moins de personnes, les invités sont tenus à distance et les serrages de mains interdits ».

Tout le monde semble s’être accommodé de ces règles. Si, dans la réalité elles sont moins strictes, elles donnent de très bons résultats. En 2020, aucun coureurs en course n’a été déclaré positif au covid-19. Seule une toute petite poignée de suiveurs au sein des équipes a été épinglée et écartée… ainsi que le directeur du Tour, Christian Prudhomme, qui s’est aussitôt placé à l’isolement. « C’est une vraie satisfaction, affirme Pierre-Yves Thouault. Les équipes ont pris leurs responsabilités et nous n’avons pas eu besoin de policiers pour vérifier si les mesures étaient parfaitement appliquées car tous avait un intérêt : aller jusqu’à Paris, à l’arrivée ». Deux cas positifs au sein d’une même équipe signifiaient une exclusion.

Des représentants de Paris 2024, Roland-Garros ou de la Coupe du monde de rugby France 2023 se sont déplacés sur les étapes du Tour de France pour observer cette organisation, d’autant plus compliquée qu’elle est itinérante. Et, si la menace sanitaire s’estompe un jour, cette période laissera quand même des traces. « Tout ce qui a été fait pour la sécurité des coureurs perdurera, confie le dirigeant d’ASO. C’est le cas en fond de grille d’arrivée où il y avait beaucoup trop de monde avant. Le nombre d’accès y a été réduit. Idem pour le paddock des coureurs, qui va certainement resté un site préservé ». Ce seront des héritages de cette crise du covid.

© SportBusiness.Club Juillet 2021