L’Equipe est dans le dur

Presse

Une année paire, a fortiori avec un Euro de football et des Jeux olympiques, rime normalement avec audiences et recettes commerciales en hausse pour un média de sport. Ce ne sera pas le cas pour L’Equipe en 2020. Loin de là. Frappé par la mise à l’arrêt total du sport mondial à cause de la crise sanitaire du coronavirus, le groupe s’attend à passer une année très très difficile avec un déficit prévu de 16 millions d’euros. « 2020 sera la pire année de la SAS L’Equipe, » a prévenu Jean-Louis Pelé, le directeur général, dans un mail adressé à l’ensemble de ses collaborateurs en début de semaine.

La vente au numéro du quotidien a baissé de plus de 60% depuis trois mois, informe-t-il. Et les recettes publicitaires ont plongé : -70% ! Le dirigeant est pessimiste : « les attentats du 13 novembre 2015 avaient entraîné un décrochage de notre vente au numéro que nous n’avions jamais retrouvé, » écrit-il en projetant pour les deux prochaines années « un résultat opérationnel déficitaire qui oscillerait entre 10 et 20 millions d’euros selon les scénarios de reprise économique ».

Travailler plus pour gagner moins

Du coup, le groupe média annonce s’engager dès à présent dans un plan d’économie drastique présenté aux syndicats et dont le levier principal sera la masse salariale « qui est de très loin le poste de dépense le plus important de l’entreprise : 60% des coûts ». La principale mesure demandée à chaque salarié est d’accepter une baisse annuelle du salaire « de l’ordre de 10% ». Dans le même temps, la direction de L’Equipe souhaite « une augmentation du temps de travail » qui se traduirait par une hausse de la durée hebdomadaire et une réduction du nombre de RTT.

« Il s’agit d’un effort conséquent et j’en suis parfaitement conscient,» reconnaît Jean-Louis Pelé qui indique « renoncer » personnellement à 15% de sa rémunération annuelle jusqu’en 2024, comme les membres du comité exécutif soumis à une baisse de l’ordre de 13%. Le directeur général du groupe promet « un mécanisme correctif » quand le résultat opérationnel redeviendra positif et dépassera les 2 millions d’euros. En contrepartie, le Groupe « prend l’engagement » de ne pas procéder à des licenciements jusqu’en 2024. Toutefois, si un salarié fait le choix de ne pas accepter cet « accord de performance collectif », une procédure individuelle de licenciement pourra être engagée.

© SportBusiness.Club Juin 2020