Les fédérations sportives internationales se serrent la ceinture

Suspensions de projets, gel d’embauches, réductions budgétaires, baisse de salaires… les fédérations sportives internationales préparent la sortie de la crise sanitaire du coronavirus et les conséquences économiques qu’elles vont immanquablement devoir affronter. Le report d’une année des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020, désormais programmés durant l’été 2021, n’a pas que des répercussions sur le calendrier sportif mondial. Les Jeux sont également l’une des principales ressources financières des fédérations.

Le magazine allemand Der Spiegel rappelle que le Comité international olympique (CIO) distribue 590 millions de dollars (540 millions d’euros) aux 28 fédérations sportives internationales (FI) des Jeux olympiques d’été… après la tenue des Jeux. Cette somme est censée financer la préparation de la prochaine échéance olympique, quatre ans après. Théoriquement, donc, les FI n’auront pas leur contribution dans leurs caisses avant la fin de l’été 2021. Un soucis, surtout pour celles dont le budget dépend à plus de la moitié de cet argent. Selon Der Spiegel, il y aurait douze FI sur 28 dans ce cas, dont cinq dont le taux dépasserait même 90%. Le CIO n’envisageait pas de versement anticipé.

L’UCI et le comité paralympique touchés

jeudi 9 avril, l’Union cycliste internationale (UCI), qui comme les autres disciplines doit faire face à un arrêt complet des compétitions, a affirmé que la situation était grave. «Il est clair que les reports et annulations [des courses] entraîneront malheureusement une réduction significative des revenus de l’UCI, indique un communiqué de l’instance présidée par le Français David Lappartient. Par ailleurs, le report des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020 entraînera un manque à gagner notable pour notre Fédération.» L’UCI annonce ainsi un train de mesures d’économies comme la “réduction de salaires et indemnités des élus et cadres supérieurs”, la mise en chômage partiel ou total des 130 employés ou la révision “totale” de tous les projets prévus pour 2020 “et les années suivantes.”

Même le Comité international olympique (IPC) n’a pas caché être confronté à des problèmes de trésorerie. Lors d’un point presse, Andrew Parsons, le président de l’IPC, a indiqué que son organisation avait étudié 150 contrats et qu’il prévoyait plus d’un million d’euros d’économie soit 5% du budget qui en 2018 s’était monté à 24,1 millions, rapporte l’Asahi Shimbun. L’IPC ne compte pas demander de l’aide au CIO qui lui verse déjà une subvention de plusieurs millions de dollars dans le cadre d’un accord confidentiel. Dans ce contexte général il sera intéressant de suivre les arbitrages financiers que ne manqueront pas de réaliser les partenaires commerciaux eux-mêmes confrontés à la crise économique mondiale.

© SportBusiness.Club Avril 2020