La piscine olympique se jette dans le grand bain

Il s’en est fallu de peu pour que les nageurs de Paris 2024 se retrouvent à pied sec. « Si le 15 mai dernier nous n’avions pas décidé de choisir le projet de Bouygues Bâtiment, il y avait toutes les chances que le Centre Aquatique Olympique (CAO) ne puisse pas être construit dans les délais pour les Jeux de Paris 2024, » a confié Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris lors d’une visite du site qui accueillera la fameuse piscine olympique, la seule infrastructure sportive majeure à construire pour l’événement. Ouf !

La crise sanitaire du coronavirus, la période de confinement de huit semaines imposée en France pour endiguer l’épidémie et les élections municipales ont pas mal perturbé le processus de lancement du stade nautique. Mais aujourd’hui, le projet est sur les rails. Le centre aquatique principal s’installera dans la ZAC (zone d’aménagement concerté) de la Plaine Saulnier, sur la commune de Saint-Denis (Seine Saint-Denis), juste à côté du Stade de France : il faudra traverser l’autoroute A1 sur laquelle sera posée une passerelle piétons permettant de relier les deux ouvrages olympiques. Le terrain occupé jusqu’à l’an passé par le centre de recherche d’Engie, a été cédé par la Ville de Paris.

Le bâtiment principal, dont la conception a donc été confiée à Bouygues Bâtiment, permettra d’accueillir 6 000 spectateurs, contre 15 000 prévus dans le projet initial. Cette jauge sera ramenée à moins de 5 000 places après les Jeux, peut-être même 2 500. La structure, “un écrin de bois suspendu au ciel” rapporte le dossier de présentation, sera haute de 30 mètres, longue de 114 et large de 106. Elle hébergera un bassin de 50 mètres où seront disputées les épreuves de natation artistique et de water-polo, et un autre pour recevoir celles de plongeon, moins grand (25 mètres), mais heureusement plus profond. L’ensemble sera modulable pour offrir une piscine accessible au grand public après les Jeux, dès l’été 2025.

Un stade nautique éphémère de 15 000 places

La facture de l’ensemble s’élève à 174,7 millions d’euros, dont 154,7 millions apportés par la Solidéo (Société de livraison des ouvrages olympiques) : la moitié de l’Etat, l’autre moitié des collectivités territoriales dont la Métropole du Grand Paris, Maître d’ouvrage qui récupérera le bâtiment dans son patrimoine immobilier à la fin de la concession. Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojo) de Paris 2024 prendra 4 millions d’euros de son budget pour réaliser les aménagements nécessaires à l’organisation de l’événement.

Paris 2024 n’en restera pas là, car à côté du CAO, sur les 12,5 hectares de la Plaine Saulnier, sera construit un stade nautique éphémère spécialement pour les Jeux. Cette structure pourra recevoir, elle, entre 15 000 et 18 000 spectateurs. En fait, ce sera le bâtiment les plus important pour la natation lors des Jeux. La piscine est d’ailleurs l’un des rares sites sur les JO site dont les places en tribune de presse sont contingentées à cause des demandes importantes venant des médias américains. Cette structure pourrait coûter entre 80 et 100 millions d’euros au Cojo. Les bassins, mobiles, seront réinstallés après les Jeux dans d’autres communes de Seine Saint-Denis.

© SportBusiness.Club Juin 2020


Le calendrier du C.A.O.

  • Signature du contrat de concession le 15 juin 2020
  • Etudes de conception de mai 2020 à avril 2021
  • Dépôt des permis de construire au plus tard à la mi-novembre 2020
  • Démarrage des travaux en mai 2021
  • Fin des travaux fin 2023
  • Mise à disposition à Paris 2024 le 1er avril 2024
  • Ouverture du Centre Aquatique Olympique au grand public à l’été 2025