Limoges Handball se voit en entreprise multi-activités

Modèle économique

Ne demandez pas le résultat de la rencontre à certains partenaires du Limoges Hand : quelques uns ne viennent dans les salons du Palais des Sports de Beaublanc uniquement pour les cocktails d’après-match. Une attitude qui ne chagrine en rien les dirigeants du club. « Nous avons réuni plus de 350 entreprises autour de notre projet sportif, mais ils ne sont pas tous là pour l’amour du hand, reconnaît Alain Aubard, président de Limoges Hand. Nous leur avons vendu la possibilité de rencontrer d’autres entrepreneurs de la région et l’opportunité de développer leurs activités entre-eux ».

Le networking est la clé de voûte du développement du handball à Limoges. Il s’inscrit dans le projet mis en place par Alain Aubard en 2006, date à laquelle cet entrepreneur a repris le club. L’augmentation des ressources privées permet d’accompagner la montée en puissance du projet sportif. Pour cette nouvelle saison 2020/2021, la récompense est l’arrivée de l’équipe masculine au sein de l’élite nationale, la Lidl Starligue. Le privé représente 60% des recettes du budget de Limoges Handball. Celui-ci s’élève à environ 3,8 millions d’euros. Trois principaux sponsors, Avia Picoty, Super U, Catalent, mettent chacun quelques 100 000 euros pour afficher leurs marques sur les maillots. Mais, pour s’associer et rejoindre le club des partenaires, le ticket d’entrée est de 5 000 euros.

Plus qu’un club ?

« Un discours commercial uniquement basé sur les résultats sportifs est très compliqué, explique Alain Aubard. Cela peut aller bien… ou pas. C’est pour cette raison que nous sommes autant perçus comme un réseau d’entreprises que comme un club sportif. L’objectif est de faire de Limoges Handball une entreprise multi activités ». La première étape de ce nouveau projet est, cette année, la création d’une marque : LH. « Ainsi nous sommes beaucoup plus identifiables, et ce nom court est facilement utilisable dans des opérations marketing, poursuit le président du club. Notre ambition est de sortir de l’univers du hand ».

LH envisage intégrer d’autres disciplines sportives professionnelles à l’exemple du Stade Rochelais ou de la JDA Dijon. La mutualisation des services transversaux permet de réaliser des économies d’échelle. Le club a également l’ambition de se développer en dehors du sport. « Certains de nos partenaires nous ont demandé de produire leurs événements, indique Alain Aubard. Nous pouvons envisager l’organisation de formations professionnelles ou de réunions de team building » Un volet agence conseil qui offrirait à LH une meilleure sécurisation de ses recettes, l’objectif de tout club sportif.

© SportBusiness.Club Septembre 2020


A Limoges le basket a dû accepter le hand

Le vénérable Palais des Sports de Beaublanc de Limoges ne voit plus seulement ses soirées en vert. Les basketteurs du CSP Limoges doivent désormais partager l’unique salle de la ville avec les handballeurs du LH. Le projet d’une aréna toute neuve est à l’arrêt et c’est sur une rénovation de l’actuelle salle que planche la municipalité… et les deux clubs, condamnés à collaborer. « Ce travail, comme le projet d’un stade neuf, ne pourra se faire qu’à deux, affirme Alain Aubard, président du LH. Pour nous, il est important que le CSP se porte bien. Et l’inverse est également exact ». Si, concernant le sponsoring, les deux clubs ont le même terrain de chasse commercial, aucun n’est en position hégémonique. « Le bassin économique limougeaud n’est pas très gros, mais il y a un moyen de de travailler intelligemment entre nous, assure le président du LH. Nous ne sommes pas des sports très gourmands de budgets ».