On ne joue pas avec le logo des Jeux olympiques

Le dessin parodique n’a pas du tout fait rire les dirigeants du Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (Cojo) de Tokyo. Ils l’ont fait savoir aux responsables de la publication “Number 1 Shimbun”, réalisée par l’association des journalistes correspondants au Japon. Le dessin en question est la reprise du logo officiel de Tokyo 2020 mais affublé d’extensions le faisant ressembler à la représentation de la molécule du covid-19… virus responsable de la crise sanitaire qui a obligé la Comité international olympique a décaler les jeux d’été d’une année, à 2021.

Depuis, le dessin a été enlevé et l’association des journalistes s’est officiellement excusée : « Cette couverture a offensé certaines personnes dans notre pays, le Japon et nous voudrions exprimer nos sincères regrets à ceux et celles qui auraient été choqués », a indiqué l’association. Il faut dire que les journalistes risquaient très gros : le Cojo les avait en effet menacé de les attaquer pour non respect des droits d’auteur. « On ne peut pas utiliser une oeuvre pour en créer une autre », résume simplement Antoine Tremblot, directeur de création à l’agence Lafourmi et fondateur de Leroy Tremblot spécialiste du design sportif.

Jouer avec les emblèmes et logos olympiques c’est jouer avec le feu, insiste le spécialiste. « Les éditeurs peuvent faire valoir l’aspect humoristique ou la satire, mais ce n’est pas sur le terrain du préjudice moral que Tokyo 2020 a attaqué mais sur l’aspect du droit d’auteur », indique Antoine Tremblot qui reconnaît que sur ce point il y a une certaine souplesse laissé à la presse. « Quand L’Equipe met Astérix à sa Une, c’est pour rendre hommage à Uderzo son dessinateur disparu, et le journal ne verse pas de droits, explique-t-il. Quand un logo est détourné de manière négative, cela peut certainement plaire beaucoup moins aux détenteurs de droits ». Ce fut effectivement le cas au Japon où le premier logo des Jeux avait été retoqué… à cause d’un problème de droits d’auteur.

© SportBusiness.Club Mai 2020


Thomas Bach évoque l’annulation de Tokyo 2021

Lors d’une interview accordée aux britanniques de la BBC, Thomas Bach, le président du Comité international olympique (CIO) a confié que si l’organisation des Jeux de Tokyo 2020, décalés à l’été 2021 en raison de la pandémie du coronavirus, devait être une nouvelle fois perturbée, les Jeux seraient simplement annulés ! « Vous ne pouvez pas conserver indéfiniment 3 000 à 5 000 personnes dans un comité d’organisation, et vous ne pouvez pas laisser les athlètes dans l’incertitude», a-t-il déclaré en reconnaissant que l’organisation de Jeux à huis clos n’était pas une solution. « Il n’y a pas de plan B, nous devons donc réinventer la roue jour après jour, a expliqué Thomas Bach. C’est très difficile et en même temps fascinant ». Le patron du CIO a indiqué qu’il faut maintenant se concentrer « sur l’essentiel ».