Paris 2024 étudie différents modèles pour sa billetterie

La perspective de Jeux olympiques, cet été à Tokyo, sans visiteurs étrangers, et peut-être même sans spectateurs du tout, pousse les dirigeants de Paris 2024 à revoir leurs plans. Devant les Sénateurs, ce mercredi 31 mars 2021, Tony Estanguet, le président du Comité d’organisation (COJO) a confié que « différents modèles » étaient à l’étude. « Il est bien évidemment trop tôt pour Paris 2024 d’arrêter un modèle », a-t-il indiqué devant cette audition organisée par la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication de la Chambre.

« Nous travaillons sur une cartographie des risques avec notre Comité d’audit, a indiqué Tony Estanguet. Cela nous permet d’avancer sur les risques liées aux différentes options de billetterie ». Le patron de Paris 2024 a confirmé travailler sur un objectif de taux de remplissage moyen de 85%, qu’il qualifie de “prudent”. « En revanche, nous savons qu’en réduisant le nombre de spectateurs, en face cela réduit aussi un certain nombre de dépenses, en lien, par exemple, avec la sécurité, la restauration ou les transports, a-t-il expliqué. Beaucoup de dépenses lourdes du COJO sont liées à la présence de spectateurs ».

Plus généralement, le Président de Paris 2024 a rappelé aux Sénateurs, d’une part, que, avec un budet d’organisation de 3,9 milliards d’euros, les “Jeux financent les Jeux”, et que, d’autre part, la quasi totalité des sites de compétition sont déjà existants. Tony Estanguet a également indiqué que les Jeux peuvent inciter les publics jeunes à augmenter leur pratique sportive. Le patron du Comité d’organisation a souligné que 4 milliards d’euros seront injectés dans l’économie française grâce au J.O.

Pas besoin d’accélérer les travaux

De son côté, le Directeur général de la Solidéo (Société de livraison des ouvrages olympiques), Nicolas Ferrand, également présent à cette audition, a fait un point d’avancement des chantiers. Il a précisé que le budget alloué aux différents chantiers prévus était stable à 3,2 milliards d’euros. Il s’est voulu rassurant quand au respect de cette enveloppe. « Nous avons du temps et nous pouvons absorber différents aléas comme la crise sanitaire, si elle ne se prolonge pas trop, ou liés à la météo, a-t-il assuré. Nous n’avons pas besoin d’accélérer les travaux ».

Nicolas Ferrand a précisé qu’à ce jour, « tous les gros ouvrages structurant ont achevé leur conception » en indiquant que « nous allons passer en phase travaux ». Fin 2021, 32 chantiers auront été lancés pour 750 millions d’euros engagés, a indiqué le dirigeant, en ajoutant que ces opérations mobiliseront 9 000 personnes dont 4 000 sur le seul site du Village des athlètes à Saint-Denis.

Concernant la question des partenaires commerciaux de Paris 2024, Tony Estanguet s’est voulu rassurant : « Fin 2020 nous avons sécurisé 53% des objectifs, a-t-il répondu. Nous sommes dans les mêmes temps de passage que les Jeux de Londres 2012, qui restent notre référence. Indépendamment à la crise, nous suivons le rythme. Notre objectif maintenant est de sécuriser les deux-tiers de nos revenus à la fin de l’année 2021 afin de garder la même vitesse d’avancement. Nous continuons à discuter avec un certain nombre d’entreprises. Il n’y a pas de signal d’alerte concernant la recherche de partenaires ».

Interrogé par les Sénateurs sur l’avancement des chantiers des transports publics, Nicolas Ferrand a précisé que ces chantiers n’entraient pas dans le domaine de compétence de la Solidéo. « Je suis informé comme vous sur ces sujets », a-t-il répondu tout en exprimant son “inquiétude” sur la réalisation à temps de la ligne 16 du Grand Paris Express jusqu’au Bourget (Seine Saint-Denis) qui accueillera notamment le Village des médias et le centre de télédiffusion. « Je pense que la structuration du Carrefour Pleyel, à Saint-Denis, sera accomplie et que la ligne 14 sera effective entre Pleyel et Orly, a-t-il ajouté. En revanche, je sors mon joker concernant l’aboutissement de la ligne Charles-de-Gaulle Express [liaison ferroviaire entre le centre de Paris et l’aéroport de Roissy-en-France] ».

Pas responsable des retards du Grand Paris Express

Sur ce sujet, Tony Estanguet s’est voulu plus catégorique : « Aucune ligne de transport n’a été demandée par Paris 2024, a insisté le président du COJO. Les jeux se sont plutôt adaptés aux plans du futur Grand Paris Express. Nous avons maintenu des sites en Seine Saint-Denis car il nous avait été garanti à l’époque que ces lignes seraient terminées en temps et en heure. S’il y a des retards aujourd’hui, il est un peu difficile d’accuser Paris 2024. Sur ce sujet là, nous ne sommes pas aux manettes, mais plutôt des clients ». Le patron des Jeux de Paris a précisé que je COJO n’était pas chargé du transport du public vers les sites de compétition, gratuit pour les spectateurs détenteurs d’un billet. « Nous regardons les différentes options sur chacun des sites, (…) mais ce sera aux autorités publiques de devoir mettre en place des transports alternatifs, s’il y a lieu, » a ajouté le triple champion olympique.

En parallèle des transports publics, le vélo devrait être l’une de ces alternatives pour les spectateurs. « Initialement, ce n’était une problématique, mais c’est devenu un vrai sujet, porté maintenant par la Région Ile-de-France et la Ville de Paris, a reconnu Nicolas Ferrand. Nous regardons la place que nous pouvons donner au vélo : au-delà des pistes cyclables, la question concerne les parcs à vélo à proximité des sites de compétition ». Par ailleurs, la Solidéo aura en charge la gestion des “voies olympiques” réservées à la circulation des athlètes et officiels durant les Jeux. Au total, 90 kilomètres de routes et autoroutes seraient concernés dans la Région Parisienne. Un budget de près de 37 millions d’euros est prévu ces aménagements, avec, notamment l’installation d’un système de vidéo-surveillance… pouvant servir après les Jeux à la verbalisation des contrevenants. Un héritage de Paris 2024 dont les automobilistes franciliens se seraient certainement bien passés.

© SportBusiness.Club Mars 2021


Le budget* des Jeux de Paris 2024

Budget du COJO (1)

  • Total des ressources : 3,9 milliards d’euros
    • dont contribution du CIO (2) : 1,2 milliard d’euros
    • dont partenaires Paris 2024 : 1,1 milliard d’euros
    • dont billetterie et merchandising : 1,3 milliard d’euros
    • dont ressources diverses (3) : 0,2 milliard d’euros
    • dont contribution publique : 0,1 milliard d’euros (4)

Budget de la Solidéo

  • Total des ressources : 3,2 milliards d’euros
    • dont ressources du secteur privé : 1,7 milliard d’euros
    • dont ressources publiques : 1,5 milliard d’euros

(*) Budget publié fin mars 2021. (1) Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. (2) Dont partenaires Top mondiaux. (3) Loteries, produits payants, produits de session (4) Contribution entièrement destinée aux Jeux paralympiques.