Paris 2024 se met au régime

Marges de manœuvre, synergie, mutualisation, réflexion… les éléments de langage des dirigeants de Paris 2024 ne laissent pas de place au doute : le Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJO) est passé en mode économie. La crise sanitaire du coronavirus et son impact financier obligent les patrons des J.O. parisiens à revoir leurs comptes et se serrer la ceinture. «Nous ne devons pas nous interdire de challenger le cahier des charges», a confié Michaël Aloïsio, le Directeur de cabinet du Président du COJO, Tony Estanguet lors d’un point presse.

«Aujourd’hui, personne ne peut prédire les conséquences de la crise à 1, 2 ou 4 ans, a-t-il expliqué. Par contre, nous pouvons d’ores et déjà initier des réflexions sans attendre de connaître ces conséquences pour savoir quelles marges de manœuvre se donner afin d’avoir plus de flexibilité au moment où l’on devra peut-être s’adapter.» Le directeur général du COJO, Etienne Thobois, a déjà insisté sur l’adaptation obligatoire lors d’un débat organisé par Olbia Conseil et Be Sport. Michaël Aloïsio évoque «un modèle plus agiles» et lance même quelques pistes de réflexion.

C’est le cas, par exemple, pour les transports. Pendant la période des Jeux chaque population bénéficie de son propre réseau : athlètes, officiels, médias ou grand public. «Peut-être est-il possible de mutualiser ces différents systèmes qui ont des qualités de services différents, a-t-il lancé. Dans ce cas, il s’agit de distinguer ce qui est absolument nécessaire de ce qui est peut-être juste utile.» En début d’année, à Lausanne (Suisse) aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) le déplacement des athlètes via les transports publics avait montré quelques limites.

Des organisateurs privés ?

Toujours sur le terrain des déplacements, les équipes de Paris 2024 plancheraient sur les flux des publics dans le but d’éliminer les pics temporaires nécessitant, sur un faible instant, des moyens supplémentaires et donc des coûts. Dans ce cas, l’une des solutions serait un aménagement des horaires des compétitions. Le travail d’optimisation des moyens et donc de réduction des coûts passe aussi par une réflexion sur les sites de compétition, nécessairement polyvalents. La Place de la Concorde à Paris, qui accueillerait cinq disciplines, est un bon exemple.

Enfin, le COJO ne s’interdit pas de «s’appuyer sur d’autres acteurs» pour l’organisation d’épreuves. «Dans un sport, par exemple, une fédération sportive ou un organisateur d’événements privés a sans doute toute la compétence, l’expertise et les équipes pour délivrer ces épreuves avec moins de complexité,» a estimé Michaël Aloisio. Une perspective qui peut ravir, par exemple, Amaury Sport Organisation. Le maître d’oeuvre du Tour de France a légitiment les compétences pour se charger des épreuves cyclistes lors des Jeux. C’est le cas aussi pour GL Events avec l’équitation.

Le montant global des économies à réaliser n’est pas défini, assure Michaël Aloïsio. «Nous sommes dans l’adaptation permanente, a indiqué le dirigeant de Paris 2024. Notre budget sera calé sur les ressources que l’on génère. On ne dépensera pas l’argent que l’on a pas généré.» Justement, les recettes marketing seront pour le COJO l’autre dossier chaud à régler ces prochains mois.

© SportBusiness.Club Mai 2020


Partenaires : «les discussions se poursuivent.»

Michaël Aloïsio, le Directeur de cabinet du Président du COJO, Tony Estanguet, s’est voulu rassurant sur les recettes marketing de Paris 2024 malgré «la brutalité de la crise économique.» A ce jour, seules trois entreprises se sont associées aux Jeux parisiens : BPCE, EDF et FDJ. «Les discussions se poursuivent, a affirmé Michaël Aloïsio. Nos objectifs restent les mêmes, mais ce qui a changé c’est la temporalité. Beaucoup d’entreprises aujourd’hui sont préoccupées par d’autres priorités. Toutefois, on sait également que, pour un certain nombre d’acteurs, au moment où il va falloir positionner leur marque sur le marché, Paris 2024 sera une opportunité pour eux. Les Jeux olympiques pourront accompagner les nouvelles histoires de leurs marques, leur lancement ou re-positionnement