Carole Gomez (Iris): le sport féminin moins impacté ?

Podcast. Directrice de recherche à l’Iris (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), Carole Gomez est spécialisée sur l’impact du sport dans les relations internationales. Selon elle, le bouleversement le plus important de la crise sanitaire sur le sport est celui du calendrier mondial des grandes compétitions. Ces reports ou annulations risquent d’avoir de graves répercussions économiques.

Carole Gomez craint qu’une bulle spéculative n’explose : elle sera d’ailleurs attentive aux prochaines négociations de droits tv ou marketing des grands événements sportifs. Enfin, la chercheuse estime que l’économie du sport féminin, parce que secteur brasse moins d’argent que le sport masculin, pourra se relever plus rapidement. Extraits.

Le monde du sport doit-il ré-inventer ses modèles économiques ?

Carole Gomez : « Cette crise, si elle n’apporte pas de réponse définitive à la question de la présence ou non d’une bulle spéculative, montre la fragilité de cette économie qui peut, en l’espace d’à peine quelques jours, être complètement bouleversée avec l’arrêt de l’industrie sportive à l’échelle internationale ».

Le sport féminin est-il fragilisé ?

C.G. : « Il y a, depuis quelques années, une vraie volonté de s’interroger sur le modèle que devrait prendre le sport au féminin. Il peut copier le sport au masculin, en sachant très bien que celui-ci peut être imparfait. Il peut aussi trouver une autre voie. (…) J’ai constaté [durant le confinement] qu’il n’y a eu aucune médiatisation sur les enjeux des compétitions féminines où les championnats se sont arrêtés dans un anonymat quasi total. (…) Toutefois, et même si cette crise économique sera évidement importante dans le sport au féminin, elle pourrait ne pas avoir autant de conséquences que sur le sport au masculin, tout simplement parce que le sport au féminin “part de moins haut” ».

© SportBusiness.Club Juillet 2020

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