Les Barbarians n’accepteront pas n’importe quel partenaire

Rugby

Podcast. Denis Charvet, ancien international de rugby, est le directeur sportif des Barbarians Rugby Club depuis 10 ans. Cette équipe à part, sélection de joueurs français, s’ouvre aujourd’hui aux partenariats. Cette offre est commercialisée par l’agence Révolution R, cependant, tous les sponsors ne seront pas forcément acceptés, prévient le trois-quarts centre. D’ailleurs, il n’acceptera aucune marque sur le maillot emblématique des Baa baas, aux trois nuances de bleus.

Aujourd’hui consultant et chroniqueur sur RMC, Denis Charvet revient également sur les difficultés financières rencontrées par son sport et par les clubs, conséquences de la crise économique liée à la pandémie du coronavirus. Il craint même un effondrement du rugby français si rien n’est fait, si les clubs ne sont pas aidés. Et, selon lui, la baisse des salaires des joueurs n’est pas une bonne solution car il serait alors impossible de remettre tout à plat avant de repartir. Extraits.

Quelles sont les ressources des Barbararians ?

Denis Charvet : « Pendant longtemps nous avons eu un mécène : Serge Kampf. Il nous a beaucoup soutenu. On arrivait grâce à lui à subvenir à nos besoins. Ce n’est plus le cas depuis sa disparition en 2016. Nous avions un petit pécule, mais qui est en train de maigrir. (…) Nous avons bien un contrat avec la Fédération française de rugby, à laquelle nous sommes affiliés, qui finance nos tournées. Mais il faut jouer pour cela. Du coup, aujourd’hui, nous devons trouver d’autres solutions, comme des partenariats ».

Quels profils de partenaires cherchez vous ?

D.C. : « C’est compliqué, car nous cherchons des partenaires qui nous correspondent et véhiculent des valeurs identiques aux nôtres. Ils ne peuvent pas venir pour vendre des machines à laver. Il faut qu’ils comprennent que nous sommes là pour leur transmettre un état d’esprit et une belle image. (…) La marque va s’associer à nos valeurs, qui sont souvent celles de l’entreprise : être bon camarade, savoir partager et échanger, avoir une belle attitude, et le respect, qui pour moi est essentiel. »

Plus généralement, compte-tenu du contexte économique et des règles sanitaires qui imposent le huis clos dans les stades, craignez-vous un effondrement du rugby professionnel français ?

D.C. : « Oui, réellement. Il y a un vrai risque si le Gouvernement ne prend pas les décisions qui s’imposent. Le rugby ne pourra pas survivre s’il n’y a pas des aides de l’Etat. (…) Il faut être réaliste : le huis clos va rester pendant encore six mois. Même en augmentant un peu la jauge, ça ne fera pas vivre les clubs dont les recettes principales sont le public et le merchandising. Aujourd’hui, des clubs comme le Stade Toulousain (…) pourraient mettre la clé sous la porte en décembre s’ils ne sont pas aidés. C’est certain ».

© SportBusiness.Club Octobre 2020


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