Tokyo 2020, ce ne sera pas la bamboche !

Les Japonais veulent organiser leurs Jeux l’été prochain, et ils s’en donnent les moyens, c’est-à-dire la mise en place d’un protocole sanitaire stricte et inédit pour un événement sportif de cette ampleur. Une première idée de ces règles draconiennes, sensées lutter contre la transmission du covid-19, se retrouve dans quatre Playbooks, des documents destinés aux principaux accrédités des J.O., les représentants des fédérations sportives internationales, les diffuseurs, les médias, et bien-sûr les athlètes et leur entourage. Ils ont été écrits de manière conjointe par le Comité International Olympique, le Comité International Paralympique et le comité d’organisation de Tokyo 2020.

La lecture de ces documents ne fait aucun doute : toute cette population ne se déplacera pas à Tokyo pour visiter les temples ou déambuler dans le quartier branché de Shibuya. D’ailleurs, cela leur sera simplement interdit. Pas de tourisme est-il stipulé. Dès l’arrivée à l’aéroport, si l’accrédité n’est pas retenu pour réaliser un test anti-covid (en plus de celui déjà effectué avant le départ), il lui est demandé de filer droit sans s’arrêter dans les boutiques. Même traitement durant les Jeux : pas détour ! Il faudra aller de l’hôtel ou du Village olympique directement au site de compétition en utilisant exclusivement le réseau de transport officiel. Pas de transport public : « Cela permettra de protéger la population locale, » a-t-il été indiqué durant un point presse.

Rassurer le monde

Les restos sont bannis également : mais l’achat de nourriture dans les superettes sera toléré. Pour tous, l’application anti-covid locale, Cocoa, veillera au grain, et à la température corporelle à prendre quotidiennement, cela à partir de 14 jours avant le départ pour le Japon. Pour pénétrer sur un site olympique, rebelote : il faudra de nouveau se soumettre à une prise de température. Si elle est supérieure à 37,5 degrés, impossible d’entrer ! De leur côté, les athlètes devront se soumettre à un test anti-covid au moins tous les 4 jours. Un résultat positif et c’est l’exclusion des Jeux. Sinon, ils devront de toutes façons partir du Village olympique, qu’ils n’auront eu le droit de quitter que pour les compétitions ou les entraînements, 48 heures au plus tard après leur dernière épreuve.

S’ils sont appelés à être modifiés ces prochains mois, en fonction de l’évolution du contexte sanitaire au Japon et dans le monde, les Playbooks donnent déjà des informations assez détaillées, comme pour la presse. Ainsi, les zones mixtes, où les journalistes peuvent rencontrer les athlètes, seront organisées de manière à ce chacun soit espacé de 2 mètres. Les photographes seront, eux, installés dans une périmètre propre de 1,80 mètre et séparés les uns des autres de 1,05 mètre, précisément. Cela augure peut-être l’avenir du travail des organisateurs de grands événements sportifs. Ils seront désormais obligés de produire ce type de protocoles avec les mesures aussi cadrés. La publication de ces documents est un message envoyé par les organisateurs des Jeux de Tokyo au monde du sport et aux athlètes. Ils s’inquiètent et se posent des questions. Et pas seulement eux. Récemment, Joe Biden, le nouveau président des Etats-Unis, s’est interrogé sur l’opportunité d’envoyer ses sportifs au Japon. La lecture des Playbooks devrait le rassurer un peu.

© SportBusiness.Club Février 2021