Tokyo 2020: des Jeux plus inclusifs, plus jeunes, plus urbains

Ce n’est pas encore la devise des Jeux olympiques, mais c’est la nouvelle donne du mouvement olympique qui prendra corps à Tokyo avec des épreuves “plus jeunes, plus urbaines, avec davantage de femmes”, comme décidé dès 2016 par le Comité international olympique (CIO). Si la pandémie de coronavirus a retardé d’un an les JO de Tokyo et obligé les organisateurs à des nombreux compromis et aménagements inédits, dont l’absence quasi-totale de spectateurs sur les sites et stades olympiques, elle n’a pas fait dérailler la réforme voulue par Thomas Bach, le président du CIO, pour dépoussiérer le programme des Jeux.

« Je suis ravi que les Jeux olympiques de Tokyo soient plus jeunes, plus urbains et qu’ils accueillent davantage de femmes », avait déclaré le patron du CIO à l’issue de la commission exécutive de l’instance olympique le 9 juin 2017. Le CIO avait alors décidé l’ajout de quinze épreuves avec un accent mis sur les épreuves associant hommes et femmes, comme le relais mixte 4×100 m quatre nages en natation, le relais mixte 4×400 m en athlétisme, le double mixte en tennis de table et des épreuves mixtes en judo, triathlon et tir. Résultat, il y aura à Tokyo deux fois plus d’épreuves mixtes (18) qu’à Rio en 2016 (9).

Plus fort encore, selon le CIO, les JO de Tokyo “seront les premiers Jeux olympiques de l’histoire à respecter le principe de l’équilibre entre les sexes” avec la part de sportives représentant 49% du total des engagés, contre 44,2% à Londres en 2012 et 45,6% à Rio en 2016. Pour se faire, le CIO a révisé le programme olympique en remplaçant notamment des épreuves masculines par des épreuves féminines en aviron, boxe et canoë.

Epreuves mixtes et disciplines urbaines

Conséquence, quatre nouvelles fédérations internationales proposent pour la première fois un nombre identique d’épreuves masculines et féminines (aviron, canoë, haltérophilie et tir). Pour ce qui est des sportifs engagés, six fédérations internationales offrent pour la première fois un équilibre hommes/femmes : aviron, canoë, haltérophilie, judo, tir, voile. Cette équité sera visible dès la cérémonie d’ouverture, puisque pour la première fois, les 206 comités nationaux olympiques (CNO) devront compter au moins une sportive et un sportif dans leur délégation.

Le CIO a également encouragé les 206 CNO à faire porter leur drapeau par deux sportifs, une femme et un homme, lors de la cérémonie d’ouverture, comme le fera la France avec la judoka Clarisse Agbegnenou et le gymnaste Samir Aït Saïd. Les Jeux de Tokyo marquent aussi les grands débuts olympiques du skateboard, de l’escalade, le surf et le karaté, tandis que le baseball et son pendant féminin, le softball, font leur retour après une dernière apparition en 2008.

Le skateboard, l’escalade et le surf, ainsi que des nouvelles épreuves comme le basket 3×3, venu des playgrounds, et le BMX freestyle ont pour point commun d’être pratiqués par une population jeune qui ne s’intéresse pas forcément en temps normal aux Jeux. Même si ces sports ont des codes, entre autres vestimentaires et comportementaux, qui peuvent heurter les puristes, ce coup de jeune, critiqué par certains, est loin d’être fini.

Le CIO a d’ores et déjà annoncé que le skateboard, l’escalade et le surf seront de nouveau au programme des Jeux de Paris 2024, avec un petit nouveau encore plus détonant, le breaking, issu du hip-hop. « Ils contribuent à un meilleur équilibre hommes/femmes au sein du programme, qu’ils rendent plus urbain, et ils permettent d’aller à la rencontre de la jeune génération, » s’est réjoui Thomas Bach. C’est à ce prix que la devise olympique “Plus vite, plus haut, plus fort” restera d’actualité. Pour le CIO, comme pour ses sponsors, les diffuseurs TV et autres annonceurs.

Par Jérôme Rasetti
© Agence France-Presse Juillet 2021