Tokyo 2020 : un report à «plusieurs centaines de millions de dollars»

Thomas Bach, président du Comité international olympique

Le Comité international olympique (CIO) va prendre à sa charge une partie des coûts liés au report d’une année des Jeux de Tokyo 2020, révèle Thomas Bach, le président de l’institution, dans une interview accordée au journal allemand Die Welt. «Nous avons convenu avec le Premier ministre [Shinzo Abe] que le Japon continuera à couvrir les coûts engagés en vertu de l’accord existant pour 2020 et que le CIO continuera d’être responsable de sa part des coûts, indique-t-il. Pour nous, le CIO, il est déjà clair que nous devrons faire face à plusieurs centaines de millions de dollars de coûts supplémentaires.»

Interrogé sur la décision du report d’un an des Jeux, Thomas Bach insiste que c’était la seule option. «Contrairement à l’annulation, ce n’était pas une décision que le CIO pouvait prendre de son propre chef, affirme-t-il. Et pour contrer les théories du complot sur ce point également, je tiens à préciser que l’assurance du CIO aurait couvert l’annulation, mais ne couvrait pas le report. Le report nécessitait, lui, l’accord du Comité d’organisation, qui devait être prêt à continuer pendant une autre année

Par ailleurs, le président du CIO souhaite rassurer les fédérations sportives internationales et les comités olympiques nationaux (CNO) qui attendaient la subvention liées aux Jeux de 2020 mais devront patienter encore un an. «Nous sommes en pourparlers avec les CNO et les fédérations internationales et avons déjà mis en place des mesures immédiates, répond Thomas Bach. Toutes les subventions olympiques accordées aux CNO pour couvrir leurs préparatifs pour les Jeux seront prolongées d’un an, et cela s’applique également aux subventions accordées aux 1.600 athlètes du monde entier et à l’équipe de réfugiés du CIO. Le montant total des subventions du CIO, qui s’étend maintenant de 2017 à 2021, s’élève à quelque 110 millions de dollars.»

© SportBusiness.Club Avril 2020


Que fait un président du CIO confiné ?

L’interview de Thomas Bach publiée dans Die Welt s’intéresse aussi à la vie quotidienne du président du Comité international olympique alors qu’il est resté à Lausanne au siège de l’institution mondiale. En Suisse, le confinement n’est pas imposé. «Toutes les décisions sont désormais prises par téléphone ou par vidéoconférence, explique-t-il. Je n’ai pas ma promenade du matin au bureau ou la routine familière d’être avec des collègues.» Thomas Bach s’autorise quand même «une heure ou deux» pour se «maintenir en forme physiquement et mentalement». Il avoue aller dans les montagnes entourant Lausanne pour «une bonne sueur.» Enfin, comme sa femme est restée en Allemagne, Thomas Bach doit aussi se résigner à d’autres activités : «Pour moi, cela signifie développer mes compétences en ménage: cuisine, nettoyage, vaisselle.»