Toyota réduit sa vitesse à l’approche des Jeux de Tokyo

Aucun responsable de Toyota, Top sponsor mondial des Jeux olympiques, n’assistera vendredi à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo. Dans le même temps, l’entreprise japonaise a renoncé à la diffusion de publicités liées à l’évènement, a déclaré lundi à l’AFP une porte-parole du groupe japonais, premier constructeur automobile mondial en 2020. Un coup dur car Toyota, engagé depuis 2018 et dont l’accord actuel court jusqu’en 2024, a contribué à hauteur de 500 millions de dollars (425 millions d’euros) au total pour les Jeux de Tokyo.

Mais ces Jeux sont mal acceptés par une grande partie de la population japonaise du fait de la persistance de la pandémie, et l’évènement se déroulera presque entièrement à huis clos alors que les cas de Covid-19 augmentent de nouveau dans la capitale. « Les responsables de Toyota n’assisteront pas à la cérémonie d’ouverture, et la raison principale en est qu’il n’y aura pas de spectateurs », a indiqué Toyota.

Selon des médias japonais, moins de 1 000 responsables olympiques et personnalités, y compris des représentants de sponsors, seront autorisés à assister à la cérémonie d’ouverture, ce vendredi 23 juillet. La porte-parole de Toyota a toutefois nuancé des informations de plusieurs journaux locaux selon lesquelles le constructeur aurait annulé ses projets de diffusion de publicités télévisées liées aux Jeux olympiques au Japon.

« Dès le début il n’a jamais été question de diffuser des publicités liées aux Jeux olympiques (…) au Japon » faisant la promotion de produits du groupe, a expliqué la porte-parole de l’entreprise à l’AFP. Toyota a toutefois renoncé « depuis un certain temps » à diffuser au Japon sa campagne mondiale “Start your impossible” mettant en avant des sportifs soutenus par le groupe et insiste davantage sur ses valeurs plutôt que sur ses produits, a-t-elle précisé par la suite.

D’autres partenaires inquiets

Le groupe a fourni la flotte officielle des véhicules pour les Jeux de Tokyo, essentiellement des modèles électrifiés, hybrides, 100% électriques ou à hydrogène. Toyota a aussi conçu les navettes autonomes circulant au sein du Village olympique.

Outre les sponsors mondiaux du mouvement olympique, dont fait partie Toyota ainsi que les deux autres groupes japonais, Panasonic et Bridgestone, une soixantaine d’autres sociétés nippones ont investi 3,3 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) dans des partenariats commerciaux avec le Comité d’organisation de Tokyo. Une somme record. Leurs espoirs de retombées positives ont été quelque peu douchés par l’interdiction des spectateurs, même si les sponsors peuvent toujours compter sur une exposition internationale via la télévision ou les images vidéo.

Lundi 19 juillet, également, le directeur de la communication de Toyota, Jun Nagata, a déclaré à la presse que le maintien des Jeux olympiques de Tokyo était devenu quelque chose de “difficile à comprendre” pour la population japonaise. Une flambée d’infections liées à l’organisation des Jeux est redoutée. Les cas positifs de personnes impliquées dans l’évènement se multiplient, y compris au Village olympique, malgré de nombreuses restrictions.

« Je sais que ces partenaires et sponsors ont dû se battre pour soutenir Tokyo 2020 », a déclaré Masa Takaya, le porte-parole du comité d’organisation lors d’un point presse. Compte tenu de l’atmosphère au Japon, « chaque entreprise doit décider elle-même de la manière dont elle compte transmettre ses messages » au grand public durant les JO, a-t-il ajouté. Le Comité international olympique (CIO) a aussi préféré dédramatiser. La décision de Toyota sur ses activités promotionnelles au Japon « n’est pas un changement de stratégie, et le groupe a adopté cette approche depuis l’apparition de la pandémie », a réagi le CIO dans une déclaration transmise lundi par courriel.

Avec © Agence France-Presse Juillet 2021