Vogo part à la conquête du monde

Des rives méditerranéennes à Montpellier on apercevrait presque la côte Est des Etats-Unis. C’est en tout cas la perspective des dirigeants de Vogo. Née en 2013, la société occitane a développé une solution vidéo destinée aux spectateurs dans les stades. Cinq ans après la startup a grandi et nourrit l’ambition de s’attaquer à la planète. Avant cela, Vogo passe par la case bourse. La jeune entreprise sera introduite sur le marché Euronext Growth Paris où elle espère lever entre 11,3 et 15 millions d’euros.

«Un tiers de ces ressources nous permettra d’accélérer le développement commercial dans le monde et sur le marché nord-américain», explique Christophe Carniel, président de Vogo. Pour pénétrer le territoire américain et espérer voir s’ouvrir les portes des franchises de sports US, l’entreprise montpelliéraine s’appuie sur un ambassadeur de choc : Tony Parker. Le basketteur français joueur NBA a investi un million d’euros dans Vogo. Une filiale commerciale sera créée en 2019 outre-atlantique.

Vogo compte voguer vers de nouveaux horizons et pas seulement ceux du nouveau monde. Une grande partie des ressources puisées en Bourse, 40%, financera la construction de Vogobox. Cette boîte d’un mètre sur un mètre est le cœur nucléaire de la société. Installée dans le car régie du diffuseur hôte, elle rassemble les flux vidéos produits lors d’un événement sportif pour les rendre disponibles aux spectateurs. Ces derniers, dans le stade, ont accès en temps réel aux images via une application mobile avec la possibilité de revenir sur une action de jeu. Une immersion comme à la maison, mais avec l’émotion du terrain en plus.

«Nous allons également poursuivre nos investissements en recherche et développement, indique Christophe Carniel. L’objectif est de conserver l’avance technologique que nous avons sur nos concurrents. Nous avons déjà développé quatre brevets.» D’autres suivront.

Le sport, mais aussi la mode et, la musique et l’e-sport

Vogo va aussi se donner les moyens pour augmenter ses ressources dans d’autres domaines. D’un côté il y a les services apportés aux professionnels du sport, notamment les entraîneurs. C’est le cas aussi avec les médecins en rugby ou lors des matchs du Top 14 ils peuvent revoir une action et décider ensuite de faire sortir un joueur susceptible d’avoir été touché par une commotion cérébrale.

L’autre piste sont les recettes commerciales liées à l’application elle-même grâce à du micro-paiement donnant accès à des services supplémentaires pour le spectateurs. La partie publicitaire, comme l’incrustation de bandeaux publicitaires ou de spots, est laissée aux organisateurs.

Enfin, Vogo ne veut pas se contenter que du marché des événements sportifs. Les dirigeants de l’entreprise montpelliéraine estiment que leur solution peut intéresser le monde de la mode, avec les défilés, de la musique, lors de concerts, ou de l’e-sport.

D’ores-et-déjà, Vogo a la tête tournée vers 2020 et les Jeux de Tokyo. Panasonic, partenaire top olympique a choisi Vogo pour en faire une de ses vitrines technologiques. Les feux semblent donc tous au vert pour la petite structure. «Avec plus de 1.000 événements sportifs majeurs dans le monde et plus de 600 championnats du monde, il y a une place à prendre», insiste Christophe Carniel prêt à hisser les voiles.

© SportBusiness.Club. Novembre 2018


Perspectives de chiffre d’affaires de Vogo

  • 2016 : 381 000 €
  • 2017 : 739 000 €
    • Ebitda : -704 000 €
  • 2020 : environ 10 millions d’euros
    • Ebitda : équilibré
  • 2023 : environ 50 millions d’euros
    • Ebitda : 40% de marge à “long terme”

Sources : document Vogo « projet d’introduction en bourse sur Euronext Growth », novembre 2018.