Pétition nationale : le CNOSF joue le chrono.

La maison du sport français à Paris, siège du CNOSF.

Denis Masseglia préfère attendre. Mardi matin, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a indiqué que la pétition nationale qu’il comptait lancer sera retardée. L’objectif de ce mouvement de contestation était d’alerter l’Etat et le gouvernement de la nécessité de ne pas baisser les financements destinés au sport. «Nous allons attendre la fin des arbitrages budgétaires afin de finaliser le texte de cette pétition et de l’annoncer, en espérant que nous n’ayons pas besoin de le faire», a indiqué le patron du comité olympique français.

Le changement de ministre des Sports, ce même mardi matin, a sans doute un peu perturbé l’agenda de l’action. Une réunion à Matignon, la veille, lundi 3 septembre, a également calmé les ardeurs. «Après le coup de gueule de la semaine dernière, il y eu cette réunion avec les services du Premier Ministre, a expliqué Denis Masseglia. Edouard Philippe a même modifié son agenda pour participer trente minutes à cette réunion. Nous avons apprécié sa présence comme il se doit et y avons vu une volonté d’ouverture et de co-construction.»

Le sport ne bénéficie pas de son ROI

«Faut-il au regard de cette nouvelle de cette nouvelle économie du sport restez indifférent au manque de retour sur investissements, a questionné Denis Masseglia. Non, évidemment. La base sportive et les clubs ne doivent pas être oubliés à cette croissance.» Un discours porté par la présentation d’une étude du CDES de Limoges estimant que le mouvement sportif français génère entre 0,67% et 0,87% du PIB (Voir l’étude du CDES de Limoges).

Ce décalage dans le temps de la pétition ne modifie en rien la mobilisation du mouvement sportif, estime toutefois le président du CNOSF qui a quand même fixé le titre de la pétition : “sport pour tous et tous pour le sport”. Par ailleurs, une campagne de communication sur les réseaux sociaux est lancée sous la signature #LeSportCompte. «Le but est de sensibiliser l’opinion à l’importance du phénomène sport et que son économie a changé», a indiqué Denis Masseglia prêt quand même à dégainer sa pétition pour se faire entendre encore plus.

© SportBusiness.Club. Septembre 2019


Quel modèle économique pour le sport français ?

Lors d’un point presse, mardi 4 septembre, Denis Masseglia a dévoilé le projet d’organisation et de finalement proposé par pour le sport français par le mouvement sportif français. A sa tête un Groupement d’intérêt public (GIE) en serait l’organe décisionnel. La structure fonctionnerait en assemblée générale, avec un Conseil d’administration et un Comité exécutif (Comex). «Ce ne sera pas un dispositif supplémentaire par rapport à ce qui existe, a insisté le président du Comité national olympique et sportif français. Il a vocation à remplacer le système CNDS (Centre national pour le développement du sport) et à prendre en charge une partie des actions menée par la direction des sports. D’où une économie d’échelle.».

Cette “agence” chapeauterait trois structures : la première consacrée à la haute performance, la deuxième chargée des politiques publiques de développement et des conférences des financeurs, la troisième dédiée au développement du mouvement sportif. Les deux premiers pôles bénéficieraient chacun d’un budget de 100 millions d’euros, et le dernier de 200 millions d’euros. Le total s’élèverait donc à 400 millions d’euros en 2019. «Vous remarquerez que cette somme correspond sensiblement au déplafonnement des taxes affectées au sport, a précisé Denis Masseglia. Si celui-ci avait eu lieu en 2018, il aurait rapporté 385 millions d’euros.»

Le nouvel axe de communication du patron du comité olympique français est simple : «Aujourd’hui, le sport peut financer le sport !», a-t-il martelé. Denis Masseglia met ainsi en exergue les recettes des acteurs de l’économie du sport en France : les droits TV, les retombées des grands événements, notamment grâce à la TVA, les charges récoltées sur les salaires des joueurs professionnels, et les paris sportifs dont, «son chiffre d’affaires en 2018 va dépasser les 6 milliards d’euros !», a-t-il affirmé.


Projet d’organisation et financement du sport français

  • Groupement d’intérêt public (GIP)
  • Budget 2019 : 400 M€
    • Structure « Haute performance »
      • Budget 2019 : 100 M€ (vs 2017 : 60 M€)
    • Structure « Politiques publiques de développement. Conférences des financeurs ».
      • Budget 2019 : 100 M€ (vs 2017 : 70 M€)
    • Structure « Développement du mouvement sportif ».
      • Budget 2019 : 200 M€ (vs 2017 : 180 M€)

Source : point presse CNOSF du 4 septembre 2019