Terre de Jeux, ticket d’entrée des bases arrières

Le label Terre de Jeux de Paris 2024 a été lancé sous une bonne étoile : la victoire de l’équipe de France lors d’un match de Coupe du monde féminine de football. L’Etat-Major du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojo) était lundi 17 juin à Rennes pour assister à cette rencontre et par ailleurs discuter avec plusieurs élus de Bretagne. C’est la première réunion d’un vaste tour de France que vont entreprendre les équipes de Tony Estanguet, le président de Paris 2024 qui, lui aussi, mettra la main à la pâte. «Personnellement, j’ai prévu plusieurs déplacements en juillet,» a-t-il confié à SportBusiness.Club.

Terre de Jeux c’est le label officiel que peuvent obtenir les collectivités locales et territoriales désirant s’associer aux Jeux de Paris. Un concept que Tony Estanguet avait présenté lors du Congrès des des Maires de France en novembre dernier. Pour obtenir cette marque, il faut répondre à un cahier des charges dont les principaux points sont l’organisation d’animations liées à l’olympisme et à ses valeurs, le développement d’actions favorisant la pratique sportive auprès de toutes les populations, et une stratégie d’héritage pour l’après 2024.

L’objectif est de faire monter en puissance la ferveur populaire autour de l’événement et faire rayonner Paris 2024 dans toute la France. Pas seulement en région parisienne. «Jusqu’alors seules les villes-hôtes avaient le label olympique, a expliqué Tony Estanguet aux élus bretons. Nous, nous avons à cœur d’associer tous les territoires à l’événement.»

Premiers labels attribués à l’automne

Toutes les collectivités, villes, communautés d’agglomération, ou même régions, peuvent se porter candidates au label. Quelle que soit leur taille. Charge à elles de proposer un programme attractif et pouvant séduire Paris 2024. Les territoires choisis auront toutefois quelques passages obligés comme la Journée olympique du 23 juin, la semaine olympique dans les écoles ou la mise en place d’événements durant les Jeux de Tokyo 2020.

Ce label olympique permettra également aux villes de déposer un dossier pour être « centre de préparation des Jeux », les fameuses bases arrières où pourraient venir s’entraîner et se préparer les délégations étrangères avant les compétitions. En fait, c’est le but de nombreuses collectivités : être labellisé « site officiel Paris 2024 » peut être un gage de retombées médias et économiques pour le territoire. Paris 2024 a bien saisi l’enjeu et la stratégie mise en place est plutôt intelligente : ok pour être base arrière, mais sous certaines conditions, notamment en assurant en amont et en local la promotion des Jeux.

Le Cojo affirme que le label Terre de Jeux se méritera. Il n’y aura aucune limitation en nombre, et celui-ci sera attribué jusqu’à l’échéance des Jeux parisiens en 2024. Il pourra toutefois être perdu si jamais la collectivité n’est pas dans les clous des valeurs olympiques. Les candidatures sont ouvertes et les premiers sites labellisés seront décernés en octobre prochain. C’est seulement à cette période que Paris 2024 examinera l’officialisation de potentiels sites de centres de préparation des Jeux. La course est lancée.

©️ SportBusiness.Club. Juin 2019


«Ce sont d’abord les Jeux de la France»

Pierre Pouliquen, vice-président du Conseil régional de Bretagne chargé des sports et de la jeunesse estime que toutes les régions doivent s’associer à Paris 2024.

Pourquoi une région comme la Bretagne souhaite s’associer dès maintenant avec les Jeux de Paris 2024 ?

Pierre Pouliquen : «Parce que je crois justement que ce sont d’abord les Jeux de la France. Cet événement va permettre de faire rayonner le sport sur tous les territoires. Le sport c’est avant tout le vivre ensemble, des gens d’horizons différents qui se rencontre, des moments chaleureux et collectifs. Les Jeux doivent être une vraie fête populaire. Même si on n’accueille pas de compétition il faut être partenaire de l’événement pour faire la promotion du sport. Paris 2024 doit être un levier pour développer la pratique sportive afin que tout le monde puisse avoir accès au sport

Les Bretons peuvent-ils être concernés par les Jeux de Paris ?

P.P. : «Le citoyen, qu’il soit en Bretagne ou ailleurs, va commencer à réfléchir aux Jeux en 2023 avec la montée en puissance de la communication. Notre travail va justement être de faire émerger les valeurs olympiques sur tous les territoires avant afin que chacun, surtout les jeunes, puissent se sentir concernés par les Jeux. A nous aussi de faire en sorte d’aider nos clubs nos associations locales à faire émerger de nouvelles pratiques

Obtenir le label officiel de centre d’entraînement officiels, ce serait aussi synonyme de retombées économiques ?

P.P. : «Nous avons déjà commencé à travailler en amont et collectivement. L’objectif est de faire en sorte qu’il n’y ait pas de concurrence entre les territoires. Tous les sites potentiels doivent être bien recensés. C’est un travail collectif qui doit aboutir au fait qu’une commune qui ne bénéficie pas de site puisse travailler pour en aider une autre. Ceci pour faire en sorte que l’on ait des Terres de Jeux en Bretagne. Automatiquement, nous bénéficieront de retombées économiques directes. Mais il ne faudra pas oublier aussi de valoriser la proximité de la Bretagne avec Paris [2 heures de la Capitale en TGV] : pendant les Jeux tout citoyen du monde entier pourra venir chez nous quelques heures ou quelques jours