Chasser en meute les Gesi

Interview : Bruno Lartigue. Le directeur des relations institutionnelles de GL Event fait partie de l’équipe de préfiguration du GIE France Sport Expertise, structure commerciale et, selon les mots de Roxana Maracineanu, ministre des Sports, «bras armé» de Filière Sport, groupement chargé d’aider les entreprises du sport en France à se développer à l’international. Le potentiel d’activité des Grands événements sportifs internationaux (Gesi) ces prochaines années est estimé à 75 milliards d’euros dans le monde, dont 5 à 10 milliards d’euros pour les Jeux olympiques.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, affirme que nous ne sommes pas bons pour développer l’activité économique autour des grands événements sportifs. C’est le cas ?

Bruno Lartigue : «Je pense que, par rapport aux anglo-saxons, nous partons de très loin. Eux ont déjà cette culture de chasser en meute, cette concertation pour l’action économique. Nous avions une phase culturelle à intégrer. Celle-ci a débuté il y a plusieurs années lors de la candidature de Paris pour les Jeux olympiques. Un des objectifs assignés par Bercy, le ministère des Sports et le Quai d’Orsay était de faire en sorte que les acteurs économiques soient un peu acculturés à ce “chasser en meute”. Je pense que nous sommes en phase de transformation et d’illustration de l’efficacité de cette culture.»

La création du GIE France Export Expertise est-elle une étape importante ?

B.L. : «Oui, parce que Filière Sport est une structure un peu informelle où se retrouvent toutes les parties prenantes : donneurs d’ordres, Etat, acteurs économique et syndicats professionnels. Il fallait un outil efficace pour aider au développement des entreprises du secteur, pour les aider à aller conquérir des marchés. Ce travail aurait été difficile à réaliser au travers de la filière où certains membres pouvaient être juge et partie puisque les donneurs d’ordres y côtoient les acteurs économiques. D’où l’intérêt de réfléchir à un outil qui puisse être purement privé et qui accompagne les acteurs économiques dans la conquête des marchés en France et à l’international

Quelles sont les premières entreprises à rejoindre le GIE ?

B.L. : «Les plus symboliques sont Loxam, GL Events ou Décathlon. Il y en a une dizaine comme ça, telles Accor ou Lagardère Sports. D’autres vont arriver très vite car nous nous adressons aux entreprises du secteur du sport et plus largement aussi aux entreprises du tourisme sportif. Ce sont toutes ces entreprises qui font réussir l’organisation d’un événement sportif sur un territoire. Sur une cible de cinquante marques importantes, nous avons déjà une quinzaine de lettres d’intention d’engagement ferme. D’autres doivent arriver d’ici à la fin du mois de septembre.»

L’objectif est-il aussi d’engager les PME ?

B.L. : «Oui, mais il y en a déjà. Il y a même des startups comme My Coach ou Natural Grass. Nous avons parmi les premières entreprises du GIE une représentation de toutes les tailles de structures : des grands groupes, des ETI, des startups et des PME. Mais, effectivement, il y a une phase d’amorçage, et nous sommes en plein dedans. Normalement, avant la fin de l’année ce panel d’entreprises sera étoffé.»

© SportBusiness.Club. Septembre 2019


Les membres du GIE France Sport Expertise

  • Decathlon
  • Loxam
  • Lagardère Sports SAS
  • Groupe Mark Holding
  • Global Sport – My Coach
  • Sport Carrière
  • Natural Grass
  • Mediaghat
  • Cryo Control
  • BPCE
  • Orange
  • Ferrari
  • Accor
  • Groupe Barrière
  • Groupe Louvre Hôtels
  • Capgemini Invent
  • BPI France
  • EGIS Alcor
  • Apave
  • FDJ
  • EGIS
  • Chabannes
  • Vogo SPort
  • Newrest France
  • Pierre & Vacances
  • Derichebourg
  • Gl Events SA

Mise à jour, mercredi 11 septembre 2019. Communiqué du Ministère des Sports