Le basket pro féminin en bon père de famille

Basket-Ball

Zéro faute pour les filles du basket : les douze équipes professionnelles de la Ligue féminine de basket (LFB) affichent un résultat économique positif. Elles attaquent la saison 2018/2019, ouverte il y a quinze jour par le Maif Open LFB. «Le basket-ball professionnel féminin se porte très bien, se félicite Philippe Legname, président de la LFB. Le dernier rapport du contrôle de gestion révèle que les recettes partenariats ont augmenté de 30% en un an, et celle de billetterie de 55% en 5 ans

Le basket pro féminin n’est pas un panier percé notamment grâce à l’application de règles budgétaires strictes et une gestion au cordeau imposée. «Nous travaillons main dans la main avec les clubs, explique Irène Hottenhof, directrice de la LFB. Les équipes sont notamment dans l’obligation de se constituer un fonds propre qui représente jusqu’à 10% de leur budget.»

Cette réserve permet aux clubs de “voir venir” et appréhender de possibles baisses de revenues, notamment celles provenant des subventions pouvant varier en raison, par exemple, d’un changement de politique locale. En contrepartie, les clubs qui suivent cette directive obtiennent la liberté pour gérer leur masse salariale.

Du glamour et de l’élégance

C’est un aspect un peu moins glamour du basket pro féminin qui travaille pourtant une image plutôt girly dans sa communication : talons aiguilles, jupes courtes, décolleté, rose… Les affiches de la LFB surfent sur les codes de la séduction féminine. «Oui, nous jouons sur le glamour et l’élégance, assume Irène Hottenhof. Mais cela n’est pas tape à l’oeil et c’est avant-tout pour faire le buzz, car on a besoin de faire parler de nous.»

L’objectif, pour la directrice de la Ligue féminine de basket, est d’être sympathique, Tout en insistant sur les aspects compétition du basket féminin. «Le sport masculin est plus axé sur l’individualisme, affirme t-elle. Nous, c’est plutôt le collectif. Le basket féminin est plus suivi par un public familial.»

La LFB entend montrer le haut niveau de performance de son championnat. «Toutes les joueuses de l’équipe de France évoluent dans nos clubs, indique Irène Hottenhoff. Elles sont dans l’élite mondiale.» Les filles du basket français n’ont aucun complexe, juste l’envie d’être un peu plus visibles.

© SportBusiness.Club. Octobre 2018


Le basket pro féminin trouve son modèle économique

Le budget moyen d’une équipe professionnelle de basket-ball féminin s’élève à 1,8 million d’euros, rapporte la Ligue de basket féminine. Les ressources s’équilibrent entre les partenariats privés (40% environ), devenus le premier poste de ressources des clubs, les subventions publiques des collectivités territoriales (environ 35%), et la billetterie (environ 25%). Les droits audiovisuels, gérés par la Fédération française de basket-ball, sont quasi-inexistants.


Pas une ligue pro

La Ligue féminine de basket n’est pas à proprement parlé une ligue professionnelle. Il s’agit d’une commission de la Fédération française de basket-ball (FFBB). La LFB n’a donc pas la liberté de chercher ses propres sponsors et son autonomie financière. «Il n’y a aucun blocage de la part de la FFBB pour que la LFB soit indépendante, commente Philippe Legname, président de la LFB. Si une décision doit être prise, ce sera avant-tout une volonté politique. Mais aujourd’hui, il n’y a rien dans les tuyaux.»


Accords sectoriels en cours

Même si la Ligue féminine de basket n’est pas une ligue pro à part entière, elle oeuvre pour développer le basket pro féminin, également dans les textes. Des accords sectoriels pour se doter d’une Convention collective propre et adaptée aux spécificités de cette discipline, sont en cours de négociation. «Ce serait le premier sport féminin à bénéficier de ce types d’accords,» précise Irène Hottenhof, directrice de la LFB.