Amélie Oudéa-Castera détaille sa feuille de route pour le tennis français

A peine nommée, et déjà le dossier Roland-Garros sur son bureau. Amélie Oudéa-Castera, la nouvelle Directrice générale de la Fédération française de tennis, s’est donnée parmi ses priorités la réussite de l’organisation des Internationaux de France aux dates prévues, du 23 mai au 6 juin 2021. « Nous partons sur nos dates, c’est notre volonté depuis le début, a-t-elle indiqué lors d’un point presse en visio. Nous allons bientôt lancer une première tranche de la billetterie, pour la famille du tennis ». Ensuite, il faudra travailler et composer avec la Préfecture de Paris afin de faire accepter un protocole sanitaire permettant l’accueil du public.

« Nous travaillons sur différents scénarios, a expliqué la dirigeante. Nous attendons le retour d’expérimentations. L’objectif est de maximiser la jauge au regard de ce que la crise sanitaire nous autorisera ». Un zonage entre les trois principales enceintes (Suzanne-Lenglen, Philippe-Chatrier, Simonne Mathieu), comme cela avait été envisagé, puis interdit, à l’automne 2020, est donc une piste. « Les sessions de nuit qui débutent avec l’édition 2021 sont une chance pour nous, a-t-elle poursuivi. Cela nous permettra d’avoir un double flux ». L’enjeu est majeur : la FFT est la fédération sportive française la plus riche, avec plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 80% proviennent du tournoi.

Une DG qui a côtoyé Emmanuel Macron à l’ENA

Fraîchement nommée le matin même par le Comité exécutif de la FFT, Amélie Oudéa-Castéra a, une poignée d’heures après, fait part de son bonheur d’être à ce poste. « C’est Gilles Moretton [nouveau président de la FFT dont elle était une de ses colistières] qui est venu me voir, a-t-elle raconté. Nous avons beaucoup réfléchi sur ma fonction, et cela m’a décidé de franchir le pas, de suivre ma vocation ». Une chemin tracé pour cette ancienne championne de France minime et cadette de tennis, passée après par L’ENA (Ecole Nationale d’Administration) où elle a étudié avec Emmanuel Macron, devenu Président de la République. Sa carrière professionnelle l’a conduit de la Cour des Comptes, à AXA, puis Carrefour. Avant de revenir à ses premières amours sportives, donc. « J’ai écouté mes tripes pour quitter les ors des sociétés du CAC 40, » a-t-elle confié.

Toujours présidente de l’association Rénovons le sport français, Amélie Oudéa-Castera entend également rénover le tennis français. Au sein du Comité exécutif de la fédération, elle est d’ailleurs “chargée de la nouvelle gouvernance”. Avec Roland-Garros, l’un des autres chantiers prioritaires est le développement de la pratique. « Nous avons besoin de faire un point économique des clubs, a-t-elle précisé. Nous devons enrayer la baisse des licenciés. Nous en avons perdu 400 000 depuis 30 ans, soit 30% de l’effectif ». L’effort sera porté sur les jeunes et l’image de sa discipline. « Il faut remettre de la convivialité dans nos clubs, a affirmé Amélie Oudéa-Castéra. Nous devons travailler sur le marketing de nos offres et sur les disciplines affiliés, comme le padel. Il faut retrouver la joie de vivre et de jouer dans nos clubs ». L’accès au tennis sera également étudié. « Nous ne voulons pas que le tennis, qui a encore une image de sport riche, ne puisse pas être accessible à un certain nombre de publics, » a-t-elle ajouté.

Roland-Garros ouvert à d’autres sports ?

Dans le même temps, la fédération va partir à la recherche de nouvelles ressources financières. Pour la nouvelle équipe dirigeante, le stade de Roland-Garros apparaît comme une opportunité. « Nous devons faire de Roland-Garros une vraie machine de guerre au service du tennis, a assuré Amélie Oudéa-Castéra. Nous avons un très beau stade, rénové et moderne, mais qui ne peut pas vivre seulement 15 jours dans l’année. Beaucoup de choses peuvent être envisagées, comme des séminaires, le développement du mégastore, de nos boutiques… Nos parties prenantes ont également besoin de lieux d’exception comme celui-ci pour des séminaires ». Elle envisage aussi proposer les installations de la Porte d’Auteuil à Paris, à d’autres disciplines : « Peut-être pouvons-nous ouvrir Roland-Garros à d’autres sport ?», s’est-elle interrogée.

Enfin, le volet sportif n’est pas oublié dans les futurs chantiers de la nouvelle Directrice générale. La première étape sera la nomination d’un nouveau DTN (Directeur technique national) ces prochaines semaines. Ensuite, Amélie Oudéa-Castéra avoue être ouverte à de nouveaux modèles. « Nous pouvons voir des synergies avec des institutions et établissements privés qui se sont développés dans nos territoires sous l’impulsion de certains de nos anciens très bons joueurs, dans le Sud ou à Lyon, » a-t-elle précisé. Un appel du pied aux innovations. « Le tennis doit être en harmonie dans son environnement sociétal, avec l’école, l’entreprise ou la santé, a-t-elle continué. Le tennis doit rayonner dans la Société ».

© SportBusiness.Club Mars 2021