Dix ans de QSI au PSG: des rêves plus grands, mais pas encore accomplis

En dix ans, Qatar Sports Investments (QSI) a fait entrer le Paris Saint-Germain (PSG) dans la galaxie des clubs d’envergure mondiale. Le club parisien “rêve plus grand”, conformément à sa signature, mais il n’a pas encore atteint l’objectif suprême assigné par Doha: une victoire en Ligue des Champions.

Une décennie après la prise de pouvoir de QSI le 31 mai 2011, le club de la capitale règne sur la France. Son palmarès a explosé: depuis son changement d’actionnaire, Paris a remporté sept titres de champion, six Coupes de France et six Coupes de la Ligue. Il ne lui manque plus qu’une Ligue 1 pour rattraper Saint-Étienne (10 titres) et trôner en haut de tous les classements français.

Toutefois, le PSG court toujours après la “Coupe aux grandes oreilles”, le trophée de la Ligue des Champions. Son grand rival historique, l’OM, lui agite sempiternellement sous le nez depuis son triomphe précurseur de 1993. « Que ce soit pour le sportif comme pour le développement de la marque, il faut bien se souvenir où nous en étions il y a dix ans », explique à l’AFP Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG. Ce dernier met en avant « l’énorme travail qu’il a fallu pour développer le club jusqu’à ce qu’il est aujourd’hui ».

Un budget multiplié par 5

Après plusieurs échecs européens retentissants, comme les “remontadas” subies contre Barcelone (4-0, 1-6) en 2017 et Manchester United (2-0, 1-3) deux ans plus tard, le Paris Saint-Germain se rapproche du Graal. Le club a atteint la finale l’an dernier (1-0 pour le Bayern Munich) et le dernier carré cette saison (2-1, 2-0 pour Manchester City). Pourtant, QSI y a mis les moyens. Son budget de 540 millions d’euros (2019-2020), certes rogné par la pandémie, a été multiplié par cinq selon les données du cabinet Deloitte: il était de 100 millions au moment de la prise de contrôle.

Au total, sur la décennie, le Qatar a dépensé environ 1,5 milliard d’euros en transferts, des investissements symbolisés par le duo Neymar-Kylian Mbappé, arrivé en 2017 pour plus de 400 millions. Les bruits autour d’une possible venue de la mégastar Lionel Messi traduisent l’énorme potentiel de séduction du PSG, qui a compté sous sa tunique Zlatan Ibrahimovic ou David Beckham.

Globalement, sur le plan du “soft power”, cette manière d’influencer les relations internationales par des méthodes politiques douces, la réussite est déjà au rendez-vous pour le fonds souverain QSI. Certes, dans cette bataille d’influence dans le sport, le PSG a également connu le déplaisir de perdre deux fois le “Golfico”, ou “l’Abou Derby”, contre le Manchester City détenu par un des rivaux du Qatar, les Émirats Arabes Unis. Au moins le PSG a-t-il échappé pour l’instant à l’affront de voir le club mancunien, battu samedi par Chelsea (1-0), remporter avant lui cette C1 !

En mai, le PSG est entré dans le top 50 du classement Forbes des franchises de sport les plus valorisées de la planète (47e). Selon le magazine économique américain, le club parisien a connu la plus forte croissance de valeur sur les cinq dernières années avec un bond de +207%, soit bien mieux que les Los Angeles Rams (NFL) ou Liverpool (Premier League). Le club parisien figure désormais parmi les 10 clubs de football à la plus forte valeur (9e).

Le rôle important de la Fondation

« Nous sommes sur le bon chemin pour atteindre notre objectif, qui reste de faire du PSG une des dix plus grandes franchises globales du sport », estime Nasser Al-Khelaïfi. Par le marketing et le “lifestyle”, par son association avec la prestigieuse marque Jordan (Nike), « aujourd’hui nos maillots et nos produits dérivés sont vendus aux quatre coins de la planète, partout on rencontre des gens qui les portent », se réjouit le président du PSG.

Enfin, la Fondation PSG rivalise avec les œuvres des plus grands clubs du monde, comme le Barça. Le club vient par exemple d’inaugurer un centre sportif à son nom au camp de réfugiés de Cox’s Bazar au Bangladesh, pour 10 000 enfants. Depuis dix ans, le club a investi plus de 20 millions d’euros dans sa Fondation. C’est « très important pour le PSG de jouer un rôle clef au sein de sa communauté par le biais des activités très variées de la Fondation », précise Nasser Al-Khelaïfi.

Pour le président du PSG, « nous avons des fondations très solides et nous allons continuer d’investir pour les rendre encore plus fortes, insiste-t-il. Il reste encore beaucoup à faire, bien sûr. Nous devons continuer à travailler pour atteindre le sommet de l’Europe ». Et gagner enfin la Ligue des Champions !

Par Emmanuel Barranguet
© Agence France-Presse. Mai 2021