Election présidentielle au CNOSF : rien n’est fait

Bien malin qui, ce lundi 27 juin, peut affirmer qui sera le neuvième président du Comité national olympique français, désormais CNOSF (Comité national olympique et sportif français), depuis 1972. La seule certitude est que le, ou la, successeur de Denis Masseglia figure parmi les quatre candidats officiels : Emmanuelle Bonnet-Oulaldj, Brigitte Henriques, Patrice Martin et Thierry Rey. Ce sont les représentants des 108 fédérations sportives affiliées qui, mardi matin, désigneront le nouveau patron du mouvement olympique français lors de l’Assemblée générale. Le résultat du vote est attendu pour la fin de la matinée.

Deux noms sortent toutefois du rang, selon les renseignements pris par SportBusiness.Club auprès de plusieurs personnalités du sport français. En effet, beaucoup prédisent un duel entre Brigitte Henriques et Thierry Rey. La première raison est que ce sont les deux seuls représentants des disciplines olympiques. « Jusqu’à maintenant, le CNOSF n’a eu que des présidents issus de sports olympiques, » observent une majorité des interlocuteurs joints. Du coup, selon eux, il difficile de voir gagner Emmanuelle Bonnet-Oulaldj, co-présidente de la FSGT (Fédération française et gymnique et travail) ou Patrice Martin président de la Fédération française de ski nautique et wakeboard (FFSNW). Ils sont d’ailleurs tous les deux les moins lotis en soutiens officiels du quatuor.

“Grandes“ contre “petites” fédérations

L’avantage de ce statut “olympique” devrait donc bénéficier à Thierry Rey, qui vient du judo, et Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération française de football. Mais, là encore, des différences existent en raison de stratégies de campagne presque inverses. « Thierry Rey ne s’est concentré que sur les grosses fédérations, confie une observatrice avisée. Les petites, il ne les connait pas ». D’autres critiquent la communication de l’ancien champion olympique et du monde de judo. « Elle a été très violente, juge-t-on. Mais les judokas sont parfois très violents ».

Les détracteurs de l’actuel conseiller spécial au Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, insistent sur son passé : « Franchement, il n’a rien fait quand il était au cabinet de François Hollande, affirme un président de fédération. Qui se souvient de ce qu’il a fait ? » D’autres ne sont pas convaincus par le parcours “politique” du judoka. Un argument que Thierry Rey a justement mis en avant durant sa campagne : « Ce peut être effectivement un avantage pour le mouvement sportif français, mais c’est aussi un de ses seuls arguments, » indique un ancien président de fédération.

Pour Brigitte Henriques, coachée par son frère Karl Olive, maire de Poissy et communicant reconnu, le talon d’Achille paraît être… le football. La discipline n’est, en effet, pas la plus enthousiaste envers les Jeux olympique. Récemment, Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus, s’est demandé, dans Le Parisien, si le football avait “vraiment sa place aux Jeux”. Une déclaration qui n’aide pas vraiment une candidature issue du football. « Brigitte Henriques ne met justement pas en avant le football, mais le football féminin, ce qui est différent, » remarque une personnalité du sport qui, sur un autre point, reconnait qu’élire une femme à la tête du CNOSF, la première, serait un signe fort.

Un président par défaut ?

Par ailleurs, la vice-présidente de la FFF aurait réalisé une campagne opposée à celle de Thierry Rey. « Elle est allé voir toutes les « petites » fédérations, croit savoir un président. Cela pourrait faire la différence. Cette recette, c’est Denis Masseglia [l’actuel président] qui lui a conseillé ». Cependant, là aussi, rien n’est gagné pour Brigitte Henriques. « Ils sont beaucoup à ne pas la supporter, lâche un observateur. Elle passera certainement le premier tour, mais le risque est que les candidats déchus se rallient à son opposant au second ». Qui pourrait donc être Thierry Rey.

A un jour du scrutin, ni les comptes ni les Jeux ne sont faits. Les soutiens d’un jour ne seront pas forcément les votants du lendemain. Une surprise pourrait même arriver. D’autant que la quasi totalité des personnalités contactées regrette une chose : qu’il n’y ait pas un réel candidat du consensus. « Les quatre candidats sont des novices, regrette un président. Cela promet pour les quatre ans qui viennent et qui seront très importants pour le sport français ». Un autre président résume sa pensée en affirmant que “ce sera un président par défaut !” Le jugement est fort. Il faut espérer qu’il soit faux.

SportBusiness.Club Juin 2021


Présidents du Comité olympique français

  • 1894-1913 : Pierre de Coubertin
  • 1913-1933 : Comte Justinien de Clary
  • 1933-1967 : Armand Massard
  • 1967-1971 : Comte Jean de Beaumont
  • 1971-1972 : Claude Collard

Présidents du Comité national olympique et sportif français

  • 1972-1982 : Claude Collard
  • 1982-1993 : Nelson Paillou
  • 1993-2009 : Henri Sérandour
  • 2009-2021 : Denis Masseglia