Sail GP navigue entre équité sportive et responsabilité environnementale

Podcast. Initié en 2019… puis stoppé par la crise sanitaire du covid-19, le circuit Sail GP, imaginé et conçu par Russell Coutts, quatre fois vainqueur de la Coupe de l’America, a dû évoluer et s’adapter. La compétition à la voile, qui intègre une dimension environnementale depuis sa création, a poursuivi dans le chemin de la responsabilité. Chaque team doit aujourd’hui avoir son propre programme RSE. En Italie, à Tarente, où a été enregistré cette interview, Sail GP a ainsi mis en place un programme de protection des dauphins. Si un cétacé avait été aperçu dans le golfe, les courses auraient été aussitôt suspendues, afin de ne pas risquer de les blesser : les foils des bateaux peuvent mortels pour eux.

Bruno Dubois, Team Manager de l’équipe de France, et Thibault Laudren, Directeur des opérations, expliquent en quoi Sail GP est un événement à part et innovant. Ils évoquent les aspects de la crise qui ont poussé l’organisation à plus de rationalisation. Ainsi, tous les services transversaux, comme la restauration ou même l’entretien des catamarans, sont devenus communs. Cela permet de réaliser des économies importantes, sans dénaturer l’esprit de la course.

Comme dans d’autres événements, un protocole sanitaire a été mis en place. Mais il est, là encore, commun à toutes les équipes et personnels des équipes. Quel que soit le pays d’origine et de provenance, à l’arrivée dans une ville-hôte, tous sont soumis au même temps de quarantaine ce qui permet une équité sportive. Extraits.

Que représente une écurie comme France Sail GP ?

Bruno Dubois : « C’est une équipe d’une quinzaine de personnes. Dans le passé, sur la Coupe de l’America, nous étions une centaine pour faire tourner ces mêmes bateaux [NDR : des catamarans F50 utilisés lors de la Coupe de l’America 2017]. Sail GP est structuré différemment. Nous avons une équipe centrale technique, baptisée le “Share Services” qui appartient à Sail GP. Toutes ces personnes travaillent pour chacune des huit équipes. Chaque Team a donc seulement une quinzaine de personnes, dont les marins, des techniciens, les responsables de l’opérationnel et la communication. Tout ce qui est commun est partagé. Les ressources offertes par la Ligue nous permettent d’avoir cette structure réduite pour faire tout le travail. Il y a une vraie économie d’échelle (…). Le budget de France Sail GP s’élève à 7 millions de dollars annuels (5,8 millions d’euros). Il inclut la location du matériel, car nous ne sommes pas propriétaire du bateau qui appartient à l’organisation (…). A nous de rechercher des partenaires (…). Le ticket d’entrée pour être partenaire-titre, c’est-à-dire “présenté par…” , est de 3,5 millions de dollars (2,8 millions d’euros). Ce tarif est le même pour chaque bateau ».

Sail GP se démarque par une stratégie environnementale forte. Quels en sont les principaux points ?

Thibault Laudren : « Cette stratégie a été initiée dès la première saison de Sail GP en 2019 (…). Elle a évolué. La pandémie, qui a poussé à repousser la saison 2020, nous a laissé du temps pour réfléchir sur le thème : “au-delà d’une compétition internationale, qu’a-t-on envie de réaliser ?” (…). Est né de cette transition un programme de développement durable baptisé “Race for the Future”. Il s’articule autour de deux axes : environnemental et social. Il doit utiliser le sport comme un levier pour accélérer cette transition vers des énergies renouvelables et avoir un impact sociétal fort. Ce pourrait être imaginé comme un concept marketing, mais concrètement le projet est, par exemple, de réduire de 55% nos émissions carbone d’ici 2025, de faire fonctionner l’intégralité de nos opérations sur des énergies propres ou de laisser un héritage dans notre sport. Nous avons aussi une responsabilité envers notre discipline, nos partenaires, d’être vecteur d’un message et d’actions sur le terrain qui amèneront à cette transition ».

© SportBusiness.Club Juin 2021


Ecoutez le podcast de Bruno Dubois et Thibault Laudren


A regarder également, la visite en vidéo de la base Sail GP commentée par Thibault Laudren, pour Voiles et voiliers.