Par Alain Lunzenfichter*. Le Comité international olympique (CIO) est une institution plutôt discrète. Elle l’est encore plus quand on évoque les négociations concernant le partage des retombées économiques des Jeux olympiques et le Comité olympique américain (USOPC). En mars 2009, ce sujet, brûlant, avait été mis sur le devant de la scène par le néerlandais Hein Verbruggen et le suisse Denis Oswald. Selon l’accord actuel, signé en 1985 et valable jusqu’en 2020, l’USOC perçoit, exactement, 12,75% des droits audiovisuels des jeux olympiques générés aux Etats-Unis et 20% des revenus marketing globaux. C’est autant que tous les autres comités nationaux olympiques (CNO) réunis. Ce généreux avantage avait été négocié à une époque où les chaînes de télévision et sponsors américains engendraient la quasi-totalité de la richesse olympique.
Un grande partie des revenus olympiques provient du programme TOP. Celui-ci rassemble une quinzaine d’entreprises internationales, les plus gros contributeurs du CIO. Entre 1985 et 1988, ces TOP sponsors, quasi essentiellement américaines, rapportaient 95 millions de dollars, dont 20% partaient aux Comité olympique américain. Aujourd’hui, ce même programme TOP représente plus d’un milliard de dollars. Toutefois, les sociétés américaines ne sont plus majoritaires. Sur les 15 partenaires, elles en représentent même moins de la moitié : sept. Ainsi, le CNO américain touche 20 % des montants versés, par exemple, par l’Allemand Allianz, le japonais Toyota ou encore le chinois Alibaba, ce qui devient inique.
Avec ce calcul, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) serait en droit de réclamer 20% de la redevance d’Atos, le seul Top sponsor français… Mais c’est l’USOC qui les touche. Face à ce constat, la réaction américaine est toujours la même : « Le CIO ? C’est nous qui le faisons vivre !» Sans doute pour les droits audiovisuels. Aux Etats-Unis ils se sont envolés car les Jeux restent tout bonnement une affaire américaine : NBC renchérit sans cesse pour que ses ennemis CBS, ABC ou FOX n’obtiennent pas les J.O.
En 2017, alors que 75% des CNO du monde vivotaient et survivaient, le Comité olympique américain a, lui, encaissé un chèque de 90,8 millions de dollars grâce aux rétribution du programme TOP. L’année suivante c’étaient 89,3 millions de dollars. De rondelettes sommes permettant à certains dirigeants de l’USOC d’approcher des salaires de 800 000 dollars par an. Dans le même temps, les 205 autres CNO de la planète se sont partagés 81,3 millions de dollars en 2017 et 80,3 millions en 2018. On parle toujours de la richesse du CIO, mais en vérité ce n’est pas lui qui tire les plus gros bénéfices des Jeux Olympiques : c’est plutôt le Comité olympique américain.
© SportBusiness.Club Février 2021
(*) Alain Lunzenfichter est un des créateurs de la revue Courir en 1977. Journaliste, il a été rédacteur en chef adjoint de L’Equipe. Ancien président de l’association mondiale des journalistes olympiques, il est gloire du sport français et membre de l’Académie des sports.
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