Comment redonner goût à la pratique du sport ?

La France deviendrait elle un pays de sportifs ? Les deux-tiers de nos concitoyens déclarent pratiquer une activité sportive… au moins une fois l’an. C’est le résultat du Baromètre national des pratiques sportives publié par le ministère des Sports. Toutefois, en lisant en creux, 34,3% n’ont donc pas fait de sport ! Le mouvement sportif français aimerait bien les convertir.

«Oui, ces données sont intéressantes car elles vont pouvoir nous permettre de conforter nos politiques et définir de nouvelles orientations, explique Roxana Maracineanu, ministre des Sports. Ma principale observation est que la majorité des pratiquants fait du sport pour des raisons de santé. Mais c’est également cette raison qui est un frein pour ceux qui ne pratiquent pas de sport. Il y a des freins physiques. Les personnels médicaux pourraient être des prescripteurs en disant à leurs patients qu’une activité physique adaptée peut être une solution de guérison et de mieux-être.»

Le baromètre relève en effet que le premier critère associé à la pratique d’une activité physique est la santé, que ce soit chez les pratiquants (44%) que chez les non-pratiquants (44%). Toutefois, chez ces derniers, c’est le goût au sport qui est indiqué comme le principal refus (30% déclarent “ne pas aimer le sport”) devant leur état de santé (25%). Juste derrière arrivent des “contraintes professionnelles ou familiales” (11%) pour expliquer cette non pratique.

Des douches dans les entreprises

«Il y a un gros travail à faire sur la représentation du sport, analyse Roxana Maracineanu. Il faudrait qu’elle soit différente de l’image véhiculée aujourd’hui par les sportifs ou les médias, c’est-à-dire un sport de compétition avec des prises de risque ou le dépassement de soi. On voit bien que ce n’est pas la préoccupation de la majorité des pratiquants.» Réalisée par l’Injep (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) avec la collaboration du CREDOC, cette enquête prévoit d’être rééditée tous les deux ans et sera un outil pour la nouvelle Agence nationale du sport (ANS).

La ministre des Sports aimerait faciliter la pratique sportive dans les entreprises. «C’est un des freins au développement de l’activité physique, reconnaît-elle. Il faudrait donner des outils aux entreprises afin qu’elles puissent mettre le sport en avant.» Cela pourrait passer par un système d’aide pour l’installation de douches sur les lieux de travail, notamment à destination des collaborateurs souhaitant se rendre au travail à vélo ou à pied.

Un enjeu pour les fédérations

Autre constat préoccupant : seuls à peine un quart (24%) des pratiquants de sport déclarent posséder une licence dans une fédération sportive. «C’est un vrai enjeu pour ces dernières, assure Roxana Maracineanu. Il faut qu’elles réalignent leurs politiques de développement vers de nouveaux axes et populations.»

Ancienne championne de natation, Roxana Maracineanu souhaite appliquer dans son ministère ces deux objectifs : faciliter la pratique sportive et lever les freins psychologiques. «Moi-même, il faudrait que je reprenne la natation au moins une fois par semaine, chose que je n’ai pas faite depuis cinq mois !», avoue la ministre en souriant.

© SportBusiness.Club. Janvier 2019


Baromètre national des pratiques sportives 2018

Principaux résultats

  • Pratique du sport durant les douze derniers mois (ensemble population)
    • 66% : Oui, au moins une fois.
      • Communes rurales : 64,2%
      • 2.000 à 20.000 habitants : 62,4%
      • 20.000 à 100.000 habitants : 61,7%
      • Plus de 100.000 habitants : 68,8%
      • Agglomération parisienne : 69,1%
      • Bas revenus : 59%
      • Classe moyenne inférieure : 58,8%
      • Classe moyenne supérieure : 66,4%
      • Hauts revenus : 76,8%
    • 9% : Non, mais se déplace à pied, à vélo, à trottinette.
    • 25% : Non, se déplace en voiture ou en transport en commun.
  • Les univers de pratique sportive (ensemble population)
    • Course et marche à pied : 39,5%
    • Gymnastique et activités de la forme : 21,9%
      • Moins de 40 ans : 32%
      • Plus de 40 ans : 16%
    • Sports nautiques ou aquatiques : 19,9%
      • Moins de 40 ans : 27%
      • Plus de 40 ans : 15%
    • Sports de cycle ou motorisés : 17,8%
    • Sports de raquette : 11,3%
    • Sports collectifs : 10,5%
    • Sports d’hiver ou de montagne : 8,5%
      • Moins de 40 ans : 12%
      • Plus de 40 ans : 6%
    • Sports enchaînés ou combinés : 6,3%
    • Sports de cible ou de précision : 5,7%
  • Pratique du sport en compétition (pratiquants 12 derniers mois)
    • Dans le cadre d’une compétition officielle : 19,7%
    • Dans le cadre d’un tournoi avec classement : 18,4%
    • Dans le cadre d’un événement : 20,7%
  • Possession d’une licence délivrée par une fédération (pratiquants 12 derniers mois)
    • Total : 23,9%
    • Hommes : 30,3%
    • Femmes : 17,5%
    • Communes rurales : 26,7%
    • 2.000 à 20.000 habitants : 21,9%
    • 20.000 à 100.000 habitants : 23,3%
    • Plus de 100.000 habitants : 25,8%
    • Agglomération parisienne : >20%

Etude réalisées par l’Injep auprès de 4.061 personnes âgées de 15 ans et plus représentatives de la population française, du 19 juin au 5 juillet 2018.