Chronique. Il y a 125 ans, ce fameux 6 avril 1896…

Par Alain Lunzenfichter*. En août 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de proclamer le 6 avril “Journée internationale du sport pour le développement et la paix”. Ce jour est dédié à la célébration du pouvoir du sport comme vecteur de changement social, de développement communautaire, de paix et de compréhension. Toutefois, cette date a surtout une signification particulière dans le monde olympique. En effet, c’est lundi 6 avril 1896, il y donc tout juste 125 ans, que les Jeux olympiques rénovés par Pierre de Coubertin prenaient leur envol au stade panathénaïque d’Athènes.

La veille, le Roi Georges 1er de Grèce avait, lors de la cérémonie d’ouverture officielle, déclaré : « Je proclame l’ouverture des premiers Jeux olympiques internationaux ». Aussitôt après, neuf orchestres et un chœur de 150 chanteurs entamèrent l’hymne olympique composé par Spyros Samaras sur les paroles du poète Kostis Palamas. Cet hymne est encore utilisé aujourd’hui. Il le sera de nouveau dans quelques mois à Tokyo, lors de la cérémonie d’ouverture des 32e Jeux olympiques, les deuxièmes d’été dans la capitale japonaise après ceux de 1964.

En 1896, ces Jeux d’Athènes ont réunit 241 athlètes. Que des hommes ! Ils étaient venus de 14 pays. Le premier médaillé d’or de l’ère moderne est américain. Il s’agissait de James Brendan Connolly, un étudiant de l’Université d’Harvard, qui remporté la concours du triple-saut avec 13,71 mètres. Connolly gagna ensuite l’argent à la hauteur et le bronze à la longueur.

La France débuta avec une médaille d’argent

Derrière l’Américain, au triple-saut, c’est un Français, Alexandre Tuffère, qui décrocha l’argent. Ce fut la première médaille olympique de l’histoire pour la France. Tuffère devança Ioannis Persakis, qui est également le premier médaillé Grec de son histoire. Toujours ce lundi là, à Athènes, tombèrent quatre records du monde au lancer du disque. Trois sont à mettre à l’actif du Grec Panagiotis Paraskevopoulos, avec 28,51 m, puis 28,88 m et enfin 28,95 m. Malheureusement pour lui c’est l’Américain Robert Garrett qui devint champion olympique avec un jet à 29,15 m. Nouveau record mondial de la discipline.

A Athènes, en 1896, les Jeux sont couverts par… treize journalistes seulement. Certains sont écrivains de profession. C’est le cas de Charles Maurras dont le livre inspiré de ce voyage, “Anthinéa : Le Voyage d’Athènes à Florence”, sera un succès. D’autres sont des pratiquants qui joignent l’utile à l’agréable. Ils participent aux épreuves olympiques avant d’écrire tranquillement et de transmettre leur vision des Jeux à leurs rédactions. Le plus connu est Frantz Reichel. Le Français sera champion olympique de rugby en 1900 puis un des organisateurs des Jeux de 1924 à Paris. Il sera aussi le premier président de l’Association Internationale de la Presse Sportive (AIPS).

En 1896, à Athènes, Reichel participa aux séries du 800m et se qualifia même pour la finale du 110 m haies… finale à laquelle il renonça pour faire son travail de journaliste et couvrir la course de marathon. L’épreuve verra la victoire de Spyrídon Loúis, héros local. Aujourd’hui le nombre de journalistes dépasse largement les 20 000. Et si plus aucun ne participe en même temps aux compétitions, certains sont d’anciens olympiens. Ce lundi 6 avril 1986 à Athènes fut le début d’un événement qui, au fil des éditions, est devenu le plus grand rendez-vous sportif universel.

© SportBusiness.Club Avril 2021

(*) Alain Lunzenfichter est un des créateurs de la revue Courir en 1977. Journaliste, il a été rédacteur en chef adjoint de L’Equipe. Ancien président de l’association mondiale des journalistes olympiques, il est gloire du sport français et membre de l’Académie des sports.