Mondial féminin de football : un fauteuil pour deux

Ils partirent dix, mais au final ils ne furent que deux. La Fifa (fédération internationale du football) examine ce jeudi 25 juin les candidatures pour la Coupe du monde féminine de football 2023. Deux dossiers restent en lice sur une dizaine envisagés au départ. Il faudra choisir entre la Colombie et le duo Australie / Nouvelle-Zélande. Le Brésil, secoué par la crise du coronavirus a retiré sa candidature début juin et le Japon, qui va devoir supporter le coût du report d’un an des Jeux olympiques, s’est désisté il y a quelques jours. Le succès de la dernière édition, en France en 2019, n’a pas été un élément suffisamment déclencheur pour les potentiels pays-hôtes. Depuis, la crise sanitaire mondiale est passée par là et son pendant économique n’encourage pas les prétendants à se lancer dans une telle organisation.

Sur le papier, la candidature commune de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande semble favorite. Le duo a obtenu une note moyenne de 4,1 sur 5 par la commission d’évaluation de la Fifa. La Colombie, elle, doit se contenter d’un 2,8. Le Japon avait décroché un prometteur 3,9. Selon le rapport des experts de l’instance sportive mondiale, le dossier des deux pays d’Océanie est sur tous les points observés devant celui de la Colombie. C’est le cas pour les stades, les installations des équipes, l’hébergement, le centre international de diffusion et les sites de compétitions, seul critère où les deux candidatures sont au coude à coude : 4,7 pour l’Australie / Nouvelle-Zélande contre 4,5 pour la Colombie.

Australie et Nouvelle-Zélande favorites

Australiens et Néo-Zélandais distancent les Colombiens sur un dernier point très sensible : les “aspects commerciaux” : la note obtenue est respectivement de 4,7 et 2,4. Il n’y a pas photo. Le duo de l’Océanie pourrait générer plus de 40 millions de dollars (35,5 millions d’euros) en billetterie, contre moins de 25 millions de dollars (22,2 millions d’euros) pour la Colombie. Les recettes marketing en Australie et Nouvelle-Zélande s’élèveraient à 6,6 millions de dollars (5,9 millions d’euros) alors qu’en Colombie, la Fifa “n’a chiffré qu’un impact minimal pour ces catégories de recettes”. Même observation pour les droits TV, beaucoup plus intéressants avec le duo qui ouvrirait la porte de l’Asie pour le foot féminin, alors que pour la Colombie “le potentiel d’accroissement des ventes (…) est limité”.

Le seul point positif de la Colombie selon la commission d’évaluation est son budget d’organisation réduit (45,1 millions de dollars / 40,1 millions d’euros) “grâce à des coûts peu élevés, mais les recettes potentielles pourraient être faibles”. A contrario, la Fifa tique sur le budget important du projet australo-néo-zélandais, supérieur à 100 millions de dollars (88,9 millions d’euros), “le plus élevé pour une Coupe du monde féminine”, conséquence des frais engendrés par une double organisation et deux pays… séparés par la mer. Du coup, c’est surtout en avion que voyageraient joueuses, officiels, médias et supporteurs. Même si l’empreinte carbone n’est pas le point fort de cette double candidature, c’est certainement en Australie et en Nouvelle-Zélande que les Bleues pourraient avoir droit à leur revanche face à Megan Rapinoe et les Américaines championnes du monde.

© SportBusiness.Club Juin 2020