Paris 2024. Le Coq Sportif ne chantera pas pour tous

Partenaire exclusif de Paris 2024 et des équipes olympiques, Le Coq Sportif n’habillera finalement pas tous les athlètes tricolores dans moins de quatre ans lors des Jeux en France. Le quotidien L’Equipe a révélé que quatre fédérations feront bande à part. L’athlétisme, le basket-ball, le football et le handball ont décidé de garder leur propre équipementier. Ce quatuor de Coqs réfractaires a préféré faire un chèque pour racheter les droits et satisfaire ainsi leur propre partenaire technique.

Le montant versé est aujourd’hui secret. Officiellement, il s’agit d’une caution de solidarité qui devrait profiter aux autres fédérations, moins fortunées ou ne bénéficiant pas d’un contrat équipementier très juteux. Ce choix est tout à fait légal. Il était mentionné dans l’appel d’offres lancé par le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (Cojo) et décroché par Le Coq Sportif début mars 2020.

Au Jeux d’été de Rio, en 2016, chaque fédération a eu le droit de faire concourir ses athlètes avec son équipementier officiel. Ce sera le cas l’été prochain à Tokyo. Lacoste, qui détient pourtant les droits des équipes de France olympiques pour ces deux olympiades, habille les sportifs français seulement en dehors des stades, lors des cérémonies ou dans le Village, par exemple. En 2014, lors des Jeux d’hiver de Sotchi (Russie), le bonnet porté sur le podium par tous les médaillés français, avait beaucoup fait jaser : le logo au crocodile de la marque y était clairement visible (peut-être un peu trop pour certain) dans un univers où, théoriquement aucune entreprise ne peut s’afficher. Un joli coup de publicité.

Le foot restera en Nike

La marque unique, pour les parades et les compétitions, a toutefois été la norme dans l’équipe de France olympique jusqu’aux Jeux d’été de Londres 2012. Cette année là, tous les tricolores étaient sous les couleurs d’Adidas. Même les footballeurs. Cela malgré un contrat de plus de 40 millions d’euros annuels signé par ailleurs avec Nike mais dont les rédacteurs avaient oublié d’exclure les J.O. du cadre. Un raté qui a coûté cinq millions d’euros de dédommagement à la Fédération française de football envers son équipementier favori.

Cet épisode a laissé des traces, et ces accords conclus près de trois ans avant l’échéance ont l’avantage de clarifier les choses, juridiquement. Les footballeurs évolueront donc officiellement en Nike lors des Jeux de Paris 2024. Les basketteurs seront en Jordan, marque appartenant à l’équipementier au swoosh. Les handballeurs joueront en Adidas. Tous ces contrats sont déjà signés pour 2024 ou au-delà.

Ce n’est pas le cas pour l’athlétisme dont l’accord avec Asics arrive à échéance fin 2021. La Fédération française d’athlétisme fait donc un pari pour l’avenir. Celui que son futur équipementier (peut-être Adidas croit savoir L’Equipe), versera des droits bien plus élevés que le dédommagement versé à Paris 2024 pour ne pas que ses athlètes portent les couleurs du Coq Sportif quand, en août 2024, ils brilleront sur la piste du Stade de France.

© SportBusiness.Club Mars 2021