Michel Callot veut engager la FFC dans un nouveau cycle économique

Cyclisme

Réélu pour un deuxième mandat à la présidence de la Fédération française de cyclisme (FFC), samedi 27 février 2021, Michel Callot a placé le volet économique parmi ses priorités pour son nouveau mandat. Il explique ses objectifs et perspectives de développement autour des questions de la mobilité à SportBusiness.Club.

Lors de votre discours, juste après votre réélection, vous avez indiqué que la fédération devait s’engager dans un nouveau modèle économique. Quel est-il ?

Michel Callot : «L’objectif de ce nouveau modèle économique est d’abord de permettre à la Fédération française de cyclisme de bien assurer son objet principal, c’est-à-dire sportif : rendre service aux clubs et à leurs licenciés. Cela en utilisant de moins en moins les ressources issues de la base, ce qu’on appelle dans notre univers, de la tarification. Cela fait 15 ans que je tiens ce discours, parce qu’il faut notamment donner de l’oxygène à nos clubs organisateurs. On peut le faire qu’à condition de pouvoir agir sur cette tarification. Cependant, avant de pouvoir agir sur cette tarification, il faut avoir rempli un certain nombre d’étapes préalables. La première a été d’assainir les finances de la Fédération : c’est désormais derrière nous. La deuxième étape, maintenant, est d’amener vers notre fédération d’autres ressources pérennes capables de se substituer progressivement à celles issues de notre base, donc de la tarification ».

Ces nouvelles ressources, comptez-vous aller les chercher dans le secteur privé ?

M.C.: « Côté sponsoring, ce volet a été amélioré lors de mon précédent mandat avec l’arrivée de trois partenaires principaux. C’est une thématique qu’il faut toujours travailler, notamment pour attirer de nouveaux partenaires. Toutefois, on sait que notre potentiel d’exposition reste limité, car, pour la Fédération, la principale visibilité sont nos équipes de France. Comme ce potentiel est limité, nous savons très bien que nous n’allons pas transformer nos ressources de manière conséquente grâce au sponsoring. Chercher de nouvelles ressources c’est surtout chercher à exploiter de manière plus commerciale nos savoir-faire. C’est avoir une réflexion marketing plus globale ».

Vous voulez dire qu’il faut rendre le cyclisme de compétition plus attractif ?

M.C.: « Le cyclisme de compétition est avant tout la question des organisateurs, amateurs avec les clubs ou professionnels. Il y a des choses à améliorer sur le sujet, mais ce sont surtout des initiatives privées. Là où l’on peut peser c’est sur l’événementiel au niveau fédéral et essentiellement sur les événements internationaux. C’est pour cela que nous avons candidaté et obtenu plusieurs championnats du monde en 2022. Ici, il y a matière à créer une économie autour de ces événements. Ils pourront dégager un peu de profits pour la fédération. Concernant les enjeux économiques, le volet essentiel est surtout, surtout, autour des autres activités liées au vélo et en particulier à celles de la mobilité qui font l’objet de financements importants des collectivités territoriales et des entreprises. Nous y avons une expertise qui peut s’exprimer. C’est pour cela que l’on a modélisé une offre autour de ces sujets. Nous la proposons aujourd’hui, comme peut le faire une entreprise commerciale, aux collectivités et aux entreprises qui souhaitent soutenir les plans vélo ».

Sur ce point précis de la mobilité, n’êtes-vous pas en concurrence avec la Fédération française de cyclotourisme ?

M.C.: « Oui sur la partie associative parce que la Fédération française de cyclotourisme revendique, et c’est normal, un certain nombre de sujets sur le plan associatif. En revanche, sur le plan entrepreneurial, nos concurrents sont plutôt dans le secteur privé. Beaucoup d’entreprises investissent cette thématique de la mobilité. Nous pouvons y être présent aussi, sur l’accompagnement, le conseil, la formation. Nous devons apprendre à fonctionner sur ces sujets-là dans univers concurrentiel ».

Quels effets peuvent avoir ces changements de modèle économique sur la vie de la fédération ?

M.C.: « La transformation du modèle économique s’entend aussi à tous les échelons de la fédération. Pour arriver à être meilleur, il faut que l’on arrive à professionnaliser notre fédération jusque dans les clubs. Sur ce sujet, nous sommes en retard par rapport à beaucoup d’autres fédérations. Or, on sait que la professionnalisation favorise le fait d’aller chercher de nouveaux types de ressources pour, tout simplement, pérenniser les emplois. Cette professionnalisation permet surtout d’accueillir plus de monde dans les clubs et donc de se développer. La fédération va proposer toute une série de mesures pour accompagner tous les projets pouvant favoriser le développement des clubs et donc l’intégration petit à petit de professionnels au sein de nos différents échelons de structure ».

© SportBusiness.Club Mars 2021