Le Nautic réinvente le salon nautique dans un virtuel presque réel

Voile

Annulé pour cause de crise sanitaire, le Nautic, le grand salon traditionnel du nautisme et de la voile qui devait se tenir à Paris du 7 au 15 décembre 2020, hissera quand même pavillon en 2021. Mais dans une déclinaison virtuelle. La Fédération des industries nautiques (FIN) prépare, en plus du salon réel, un rendez-vous d’un nouveau genre, très innovant. Virtual Nautic se tiendra vendredi 12 et samedi 13 mars 2021 sur Internet. Environ 30 000 visiteurs sont attendus, ce qui en ferait l’un des plus importants de ce nouveau genre de rendez-vous.

L’organisateur s’appuie sur la technologie développée par les américains de Virbela. L’entreprise installée à San Diego a créé une plateforme mondiale virtuelle destinée au travail à distance, l’éducation et l’événementiel. Sur le mode de Second Life , jeu pionner des mondes virtuels, les visiteurs, transformés en avatars, pourront se balader dans les allées des différents halls (dix sont prévus au total), voir les stands personnalisés aux couleurs des marques, y regarder des vidéos ou consulter de la documentation. Ils pourront aussi discuter avec les conseillers des exposants.

Des bulles de conversation offrent des espaces de confidentialité. A l’étage, des bureaux privés, toujours virtuels et autant personnalisables, permettent de tenir des réunions privées à plusieurs. Le Nautic est un événement autant grand public que professionnel. Un amphithéâtre, pouvant recevoir de 300 à 1 400 avatars, sera le cadre de conférences, de débats ou d’événements. Pourquoi pas la présentation ou la remise de récompenses d’une course. Enfin, le ludique aura aussi sa place avec une scène musicale installée sur une plage au sable blanc… malheureusement virtuel lui aussi. En avril dernier, le Laval Virtual avait utilisé cette même technologie.

Un budget d’un million d’euros

Pour les dirigeants de la FIN, ce Virtual Nautic ne vient pas remplacer les salons physiques. Il s’agit d’une “réaction” pour aider la filière nautisme à vivre et exister. Comme beaucoup d’autres elle est fragilisée par les crises sanitaires et économiques. Si l’expérimentation s’avère rentable, elle pourrait être rééditée. Le coût de l’événement s’élève à un million d’euros : les deux-tiers pour le développement technique, et un tiers pour la communication. Le Nautic attend au moins 200 exposants, pour atteindre l’équilibre. Les espaces, sont commercialisés entre 3 000 et 8 000 euros selon la surface.

L’entrée grand public s’élèvera à 5 euros. La FIN parie sur 25 à 35 000 visiteurs, contre plus de 200 000 pour le salon “physique”. Chaque hall peut techniquement recevoir 1 300 avatars au maximum en même temps. Mais la technologie pourrait permettre d’augmenter cette jauge d’ici le printemps prochain. Aujourd’hui le Virtual Nautic ne propose pas la présentation de modélisations de bateaux. Mais cela pourrait évoluer aussi. On pourra ainsi regarder le haut des mats des maxi-catamarans d’un coup de souris sans risquer le torticolis.

©SportBusiness.Club Novembre 2020